lundi 5 octobre 2009

IN CORPORE FICTITIO ASUMPTO

Loin des mares de sang… « L’ourlet de sa fente s’étonne de n’être pas encore décousu de se voir ainsi dévoré par tant de bouches avides… » De son cercueil tuberculé comme de l’œil du périscope estropié, à l’abri dans sa membrane fine souple et inattaquable par les agents de texture, les aisselles quelque peu humides, les jambes minces et le torse concave, le bassin étroit, le pied petit et cambré, elle mange et digère les sécrétions exocrines libérées par les partenaires lors de quelques jeux de janvier, à l’approche du jour dit des rois où la tradition veut que celui qui du gâteau sort la fève émette un pet immédiatement suivi d’un cunnilingus de type anal par le ou la convive désigné par le détenteur de l’heureuse nouvelle. Sans trêve alors l’âme élue recueille, absorbe, assimile les débris organiques abandonnés, trouvant en la matière fécale les valeurs nutritives en graisses et sels minéraux nécessaires à sa subsistance, décloisonnant par ailleurs les parties obstruées, rendant ainsi la navigation praticable en un vibrant hommage au corps tubulaire, roide braquemart jadis en hibernation qui aujourd’hui extravague, dévalant les vieilles peaux par le chemin le plus obscur et plus rapide que l’éclair, de la voie étroite et rouge au lit en folie dans la maison très sensée où la foudre jamais ne doit s’abattre mais l’arbre seulement et toujours en famille. « Cils collés par ses liqueurs. Ce qui la pénètre la nourrit et son appétit insatiable lui assure des siècles de survie et de suralimentation. » « Tignasse broussailleuse ou force est que paissent poux comme sangliers et lentes comme éléphants. » Sur un ossuaire de pur esprit, un regard sans tain vestige d’un ancestral vertige empaillé par les doigts graciles d’une araignée de caste souterraine comme le sont parfois les rivières nocturnes filant au cours du cauchemar qui se rue vers les matins de givre où la pensée se fait océan ou ver de terre. Robe noire, un couteau posé en travers de la poitrine, la ceinture de chasteté bouclant étroitement son sexe, elle ne bouge que la tête et trace contre le miroir avec ses lèvres un arc de cercle, revenant inlassablement à son point de départ lorsqu’elle est en bout de course. La pression du mal, du malin. L’impression d’un schisme, d’un chaos dentaire. Les gencives enflammées, la langue de bois, comme un nouveau palais féroce en besogne. Ravagée par le fer qui va et vient dans tout le corps, passe dans le ventre prisonnier des démons qui l’enserrent, l’étouffent, l’étreignent. Dans la fournaise de sa goule grande ouverte s’exclament en un seul cœur turgescent et baveux comme une colonne de l’enfer martelant ses entrailles, tous les saints du paradis, le verbe poisseux et malodorant, la verge brandie haut et fort s’écumant en longs jets de foutre avant d’être pétrie en boule puis excavée en une ample coupe très épaisse par la pression des mamelles et le labeur du chaperon assoiffé. Epuisée à la fin elle s’endort, croyant avoir trouvé la paix et le repos de l’âme à l’heure de l’ Ave Maria. Repos où seuls les centres moteurs sont à l’état torpide et où le métabolisme interne est au contraire le siège d’une formidable activité. Horoscopes, talismans, animaux empaillés et autres phasmes gardent sa tombe. Des courants d’air s’échappent encore de son entre jambes, témoignage d’un temps ovulaire où la folie n’avait pas encore pris cours en bourse. « La brûlure se crée une faille dans son œil, aspirant son âme par la cavité. » Mutilée à l’aube, la démangeaison comme rappel, de sa main imaginaire elle griffe le vide. Il y avait à cet endroit hier soir, avant qu’elle ne s’endorme, une partie de son corps qui flottait gentiment entre ses cuisses. Quelque chose d’atroce s’est déroulé à la place. Comme un long serpent noir ou bleu, un cordon ombilical ou la corde d’un pendu qui, on ne sait pour quelle raison à la fin aurait préféré la défenestration à la pendaison. Un haricot voire un violoncelle aurait été plus louable que cet incarnat sans queue ni tête qui ne fait penser ni à un éléphant ni à une girafe, encore moins à un trombone à coulisse mais bel et bien au Petit Jésus Doux Agneaux Du Seigneur. « Descente lunaire pour une existence. Rien de spécial, rien à faire. »

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