mercredi 28 avril 2010

FEU LE RÉVEIL

Douce nuit senteurs d'orient (et mon cul ?)
je tombe la neige du nord du crâne.
Grillons-crécelles crépitent,
l'astre s'écoule tumultueux
torrent au coeur
attise l'incendie
au sec de l'oeil.
Au ventre le sud capturé
en gamètes positives
à la mort montée
en liesse dégaze
à tous les étages.
Soildaire
le couchant dégorge
le dégoût en crépuscules
violacés. Varices dans le ciel...
Coupable d'orage
la foudre s'abbat
éclair d'enfance
l'eau grimace
désastre en reflet
je misère en captivité.
Sang d'encre en cascade
le rire de la pierre en dessous
lèvres pincées
noir regard
remonte de la ténèbre
à la ténèbre.
Le poids d'en haut
libère la lourdeur des jambes.
Je souffle chaud
les nimbes de l'atroce,
dégage le ciel en pluie de rêves.
Le sud en paradoxe
 m'accable, m'attache.
A l'est rien de nouveau...
Feu le réveil.

lundi 26 avril 2010

André LAGRANGE

La nuit - de blanches images de faux vieillards. Monte à l'assaut des ombres un peuplement de sorciers ! Frissonnante, je me toise dans le miroir hanté. J'assombris mes contours, me love - poulpe lunaire - autour de cette sombre parure cristallisant ma vulve. Enfin je métamorphose la palpitation douloureuse d'une échancrure du destin. Dès lors enchâssée par le désir des hommes dans une gangue spermatozoïdique, je brûle mon spasme (immobile) dans l'anéantissement sacrilège des mille possessions humiliant mes chairs.

                                (Méandres du chiffre cinq, partie SOURCE, 1980)

samedi 24 avril 2010

ÉLÉMENTAUX

Cher, dorénavant vous me trouverez sous un grain de riz à la chasse aux postillons avec un petit filet au bout de mon long bâton. Ô Hanayo Himiko Hanako Himiyo !!! Passe le bonjour aux filles, je retourne sur les bancs de l'école en attendant la finale du Super Bowl à Bagdad Gunatanamuerte. Mille et une nuit du grand Sinbad. Ke la perikola te muerde la kola ! Banga et alité, muchos besos !

vendredi 23 avril 2010

CLAUDIA LLOSA - MADEINUSA -

madeinusa



PIERRE DESCAMPS - LE SACRE DU DESORDRE -

Stupéfiant de la contingence,
l'esthétique arque ses cuisses car voici
l'armée de l'irrationnel
qui envahit le dernier delta.

Leit-motiv du viol :
allongées
insomnieuses
salivées
bleuissantes
belles
vertes
nacrées.

Bric-à-brac de l'éternité,
les mites besogneuses de l'aube
rongeront las chimères
tandis que me tarauderons en vain
les ulcères de mes sophismes.

Ainsi je désarticule les valeurs perpétuelles,
les vermines de la métaphysiques,
les cérébralités par trop décrépitées.
Les grossesses de l'erreur
carient les dents de l'ambition.
Vive la crasse de tous les enchantements.
Car moi j'adore Caligula.
Le bon sens se résoud par zéro.
Il s'agit de tourner l'exarchat du système.

Chaque invention formelle cache une bombe
dans le carburateur du verbe.
Donc à mort les épiciers.
Transportez un obus sous la moindre parole.
Imaginez les vieux imbéciles,
scoliatres, magisters,
bavant sur leurs dictionnaires.
Une seule voyelle : et les luxes en rut
se ruent sur les normes poétiques,
prennent d'assaut les académies,
poignardent l'orthographe
et rouent l'anacoluthe.
Couteaux contre les dents,
la poudre dans les yeux,
je pavoiserai l'esprit
de l'or élémentaire.

                                                           (Extrait de "Terrains Minés" 1959)



mercredi 21 avril 2010

NOVALIS extrait de "Fragments"

Il n'y a qu'un temple au monde et c'est le corps humain.
Rien n'est plus sacré que cette forme sublime.
S'incliner devant un homme, c'est rendre hommage
à cette révélation de la chair. C'est le ciel que l'on touche
lorsque l'on touche un corps humain.

(Extrait de Novalis, "Fragments",
précédé de "Les disciples à Saïs"
José Corti Editeur)

mardi 20 avril 2010

UNICA ZÜRN - DANS LA FRICHE DE CETTE VIE

Blême un hachoir de lassitude
taraude au creux du buste.
Au dru du taillis
Sperme-sève-soie. Egruges
au berceau du coeur pertuis.
Suave, s'embrume en frimas
le nectar de l'Ibis. Formes
dans la friche de cette vie.

(Extrait de Unica Zürn " Anagrammes ". Supplément aux n° 11 et 12
de la revue Transitions, janvier 1983)




dimanche 18 avril 2010

The Unfolding Opium Poppy by Rebecca Cherry

Black and White silent film with music for Violin and Piano. Composed by David soldier, performed by Rebecca Cherry, Film excerpts by Jennifer Reeves, Editing by Rebecca Cherry

mardi 13 avril 2010

EL TÍO DE LA MINA - Crónica de Víctor Montoya

EL TÍO DE LA MINA


Crónica: Víctor Montoya

Animación y video: Miro Coca Lora

Lectura y voz: Víctor Montoya

Foto del Tío: Stanislas de Lafon

Fotos diversas: Carnaval de Oruro

Música: Ruphay (1968 2008)
Director: Mario P. Gutiérrez
Composición: Pillco (comunidad de Khata, La Paz)

Música: Banda Pagador de Oruro
Autor: José Jacha Flores
Composición: Diablada Chiru Chiru

Estatuilla del Tío de la mina:
(col. privada: Víctor Montoya)


Producción y realización:
Miro Coca Lora
Estocolmo, noviembre, 2009

vendredi 2 avril 2010

GRENOUILLE SANS BÉNITIER

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   En ces dictons obscures, Rabelais nous dit que les « grenoilles en leur premiere generation sont dictes gyrins et ne sont qu’une chair petite, noire, avecques deux grans oeilz et une queue », c’est la description du têtard. Mais Rabelais ajoute plaisamment : « Dont estoient dictz les sotz : Gyrins », selon Platon, Pline ou Aristophane.
Mais la grenouille, féminisation du crapaud, est moins aujourd’hui symbole de bêtise que de babil et de bavardage inconsidéré.
   Dans l’Antiquité, la grenouille était « une plaie » : comme la sauterelle, elle faisait partie de cette faune incertaine, mi-normale, mi-monstrueuse, représentant les vestiges du chaos primordial où les animaux hésitaient encore entre l’eau et la terre, entre le monde aquatique et le ciel. Au Moyen Age et jusque chez Victor Hugo, la grenouille reste associée à l’univers des crapauds, des lézards, des serpents même. Bête des marécages, sortant de son obscur habitat à la nuit tombée pour honorer la nuit ou la lune de son coassement inhumain et pourtant mélodique, elle est bénéfique et maléfique. Ambivalence que l’on retrouve dans de nombreuses légendes. Le batracien est cependant un animal lunaire avant tout. Il subit des métamorphoses. Du têtard, le gyrin de Rabelais, à sa nature adulte, accroupie, expectative, capable de s’enfler au point d’éclater. Et cet enflement est encore une métamorphose. G. Durand souligne que « la grenouille, comme le lièvre, habite et hante la lune et joue le rôle d’avaleuse diluviale associée à la pluie et à la fécondité ».
   Animal lunaire associé à la pluie, la grenouille devient baromètre, montant et descendant son échelle pour prédire aux hommes le temps qu’il fera. Symboliquement elle vire du rose au bleu selon les normes modernes de l’information divinatoire. En réalité, la grenouille est verte : c’est un symbole de résurrection et d’espérance. Selon Maspéro, les premiers chrétiens figuraient la Résurrection pascale sous l’emblème d’une grenouille placée au centre d’un lotus. Les Egyptiens en avait fait l’hiéroglyphe du renouvellement en raison, encore, de ses métamorphoses, et le symbole de la curiosité.
   On remarquera sur le célèbre tableau de Jérôme Bosch, l’escamoteur, qui met en dérision cette curiosité mauvaise conseillère, une grenouille sur la table du bateleur. Fraenger nous rappelle (op. cit. p. 253 et 262) que la grenouille était l’idole de la secte hérétique des Ebionites et « symbole gnostique traditionnel de l’androgynie comme de la résurrection et de l’immortalité ».  Cette grenouille gnostique apparaît ailleurs dans plusieurs tableaux de Bosch en particulier dans la Tentation de Lisbonne où elle incarne, toujours selon Fraenger, l’aberration hérétique, la tentation et la perversion satanique.
L’église la retrouve dans ses bénitiers. Avant que l’on désigne par l’expression « grenouille de bénitier » une bigote qui frise l’hérésie en exagérant sa religiosité, il était convenu de sculpter au fond des bénitiers un crapaud ou une grenouille qui figurait le démon ainsi exorcisé sous deux doigts d’eau bénite.
   On consultera si l’on peut, l’Histoire des grenouilles de A.J. Roesel (1758) dont les planches admirables mêlent la fiction et l’exactitude scientifique.


(Tiré du « Bestiaire Fabuleux » de Jean-Paul Clébert,
Editions Albin Michel 1971)