jeudi 23 octobre 2014

Ammonites et autres constellations fossiles...

Le fossile renferme le cycle entier de la création, de la destruction et de la renaissance. Pour moi, les fossiles contiennent tout le mystère, la puissance et l’indestructibilité de la vie.
 André Breton















dimanche 12 octobre 2014

André Breton - De la survivance de certains mythes et de quelques autres mythes en croissance ou en formation

On the Survival of Certain Myths
and on Some Others Myths In Growth or Formation

                             Mise en scène de André Breton


















vendredi 19 septembre 2014

André Pieyre de Mandiargues - Chenille pour Unica Zürn

André Pieyre de Mandiargues 1933

Ainsi que le fleuve chinois
Clignant de lourds bateaux de filles
Sur l'eau précieusement pourrie,

Berlinoise bottée de plume
peinte de phosphore et de musc
Fouettée de nacre en pluie bleue,

Rayonnant par toutes les pierres
par tous les métaux de la lune
Entre l'écaille et le satin,

Belle à faire hurler le goût
Elle a cambré pour mieux nous plaire
Son atour de paon et de truie.


(Extrait de Le point où j'en suis suivi de Dalila exaltée et de   La nuit l'amour, Gallimard, Paris 1964)



Unica Zürn - Zebooth, 1954

Unica Zürn -  Sans titre 1954 


Unica Zürn - Das ist Hang Général, 1954
Unica Zürn - Sans titre 1954

dimanche 7 septembre 2014

Knud Victor

Knud Viktor, le chantre du Luberon
Avez-vous déjà entendu le bruit d'un ver dans un fruit, celui d'un cochon d'Inde dans le ventre de sa mère, capté les messages qu'échangent les vers à bois dans les galeries qu'ils ont creusées dans votre armoire ou votre lit ? Knud VIKTOR l'a fait. Percevant l'imperceptible, il a enregistré sur son magnétophone des milliers de sons qu'il recueille, mélange, transforme, depuis dix-sept ans, pour réaliser la "peinture sonore" de sa montagne bleue du Luberon. Il ne considère pas qu'il s'agit de musique. A l'origine, peintre, graveur, photographe, il explique pourquoi il s'est tourné vers le monde des sons. Il a commencé par réaliser des courts-métrages en Noir et Blanc sur les cigales et peu à peu, "le son l'a pris". Il parle de ses premiers enregistrements. Il a conçu une symphonie qu'il a appelée "Images du Luberon". Pour vivre, il cultive une vigne et son jardin.










Gif from an original photomontage by Goran Vejvodal. 


mardi 12 août 2014

Esther Moïsa – Appartement 120 (extrait)

Dessin de Jacques Duvivier
Reste un dernier rôle à retirer dans le hall.
Puis c'est jet de fièvre une salve de nerfs avant de ramasser
la poubelle.
Un stock de pousses de paon l'orgueil sans un client.
Une souche d'espèce inconnue perchoir pour nos abrutissements.
On jette les sorts son tablier on se quitte en bêlant balivernes
à bientôt.

Sur la table le manuel des malédictions ouvert à la page neutre
aux généalogies triviales qui vous partagent entre le crime à la
loupe vos postérités domestiques le bengale de vos feux sans
bataille.
Vous n'avez plus qu'un ménage de surface un demi-tour
d'étreinte à effectuer.

Entre-temps l'Aurore.
L'œil pervers vos doigts-fossiles sur le sofa.
L'éraflure rutilante mâle rapace usurpé ce n'est nul devenir
que vos météorologies d'épines ce zèle vorace à faire rôtir la
tourterelle. L'incompatible substance qui en découle.
Dans le four j'enfile l'objet fauve le hasard à rogner.
Je vous condamne à rectifier la taille des épluchures.

Déjà se fige le cygne en sa pluie d'incendies.
Déjà vous félicitez les disciples de la récidive.
Dans les soupentes c'est blanquette ébahie des départs et
l'attaque sans un bouclier.

L'hippocampe dans les catacombes nous décrit :
. roulis crissant la manœuvre des méduses
qui se saoulent à même l'ébréchure du jour répudié.
. Vos deux marrons glacés posés en fin d'année
comme un regret de travers sur la table de chevet.

J'égrène vos spectres autour de la maison
j'apporte des bottes aux étoiles qui fondent sur le plancher.
J'agrippe un éclat de vos fêtes en carton incrusté.
Je bâille au pied du monde.
Même les mouches sont couchées.


(Extrait de Esther Moîsa « Les variations saisonnières ».
Éditions Altor Sae Vertebris 1999)

lundi 16 juin 2014

Joyce Mansour - Les morts aux têtes de chiens


A André Pieyre de Mandiargues

Je sais que les morts en coït muent et réapprennent
                                                               à souffrir
Quand la lune sort sa verge aux yeux de pluie
Ils bougent dans leurs plaies et tournent et semblent
                                                                  défaillir
Endiablés par le vide
Perdus disloqués
Ils emplissent l'air de leurs membres ouvrent leur
                                                   bouches crient
Des perles bourgeonnent sur leurs jolis moignons
Le lait jaillit
Mais la bruine gonfle les cieux où nage la pourriture
Noyant même les morts aux yeux endimanchés
Noyant les tyrans qui se disputent l'éternité
Faisant flotter hommes et biens
Femmes enfants hommes chiens chiens à têtes d'homme
Tous ces chiens d'hommes
Ces biens d'hommes
Dans la soupe filandreuse
Du néant.

(Extrait de « Rapaces » 1960)

Joyce MANSOUR présente à Georges BENAYOUN
sa collection d'oeuvres d'art rassemblée avec BRETON
et décrit sa relation avec lui. Man RAY commente l'humour noir.
Lecture d'Aphorismes de Georg Christoph LICHTENBERG.


lundi 14 avril 2014

Georges Bataille - Hans Bellmer - Marquis de Sade

« Les effets n'ont peut-être pas toujours besoin d'une cause. »
SADE



   Très différent de ses héros, en ce qu'il témoigna souvent de sentiments humains, il connu des états de déchaînement et d'extase qui lui parurent de beaucoup de sens à l'égard des possibilités communes. Ces états dangereux auxquels le conduisaient des désirs insurmontables, il ne jugea pas qu'il pouvait ou devait les retrancher de la vie. Au lieu de les oublier, comme il est d'usage, en ses moments normaux, il osa les regarder bien en face et il se posa la question abyssale qu'ils posent en vérité à tous les hommes. D'autres avant lui avaient eu les mêmes égarements, mais entre le déchaînement des passions et la conscience subsistait l'opposition fondamentale. Jamais l'esprit humain ne cessa de répondre parfois à l'exigence qui mène au sadisme. Mais cela se passait furtivement, dans la nuit qui résulte de l'incompatibilité entre la violence qui est aveugle, et la lucidité de la conscience. De son côté, la conscience, dans sa condamnation angoissée, niait et ignorait le sens de la frénésie. Le premier, Sade, dans la solitude de la prison donna l'expression raisonnée à ces mouvements incontrôlables, sur la négation desquels la conscience a fondé l'édifice social et l'image de l'homme. (…)

Sade se fonde sur une expérience commune : la sensualité – qui libère des contraintes ordinaires – est éveillée, non par seulement par la présence, mais par une modification de l'objet possible. En d'autres termes, une impulsion érotique étant un déchaînement (par rapport aux conduites du travail, et, généralement, à la bienséance) est déclenchée par le déchaînement concordant de son objet.

Georges Bataille
« Sade »

in La littérature et le mal

Bellmer manifestait une véritable prédilection pour l'œuvre de Sade, aux thèmes de laquelle il a consacré plusieurs suites de gravures ( A. Sade, Petit Traité de Morale, Mon arrestation du 26 août) dont nous donnons ici quelques extraits les plus représentatifs.









 (Extrait de Obliques/Bellmer, Éditions Borderie 1979)