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mardi 6 juin 2017

En compagnie d'Antonin Artaud

Antonin Artaud, portrait photographique
de Man Ray, 1926-1927

Les samedis de France Culture - (1ère diffusion : 10/05/1975)

Par Roger Vrigny - Avec Marthe Robert, Hubert Juin, Jacques Brenner, Henri Thomas, Paule Thévenin et Bernard Noël


“J'aime mieux le bruit de mon pas sur la terre que le viol des éternités”
Antonin Artaud “Suppôts et Supplications”, in OC XIV.

“Dans l'état de dégénérescence où nous sommes, c'est par la peau qu'on fera entrer la métaphysique dans les esprits.”
Antonin Artaud, “Premier manifeste du théâtre de la Cruauté”.

“Qui pourrait s'imaginer qu'il y a de par la terre des gens qui trouvent que ça ne va pas encore assez mal et qui font tout ce qu'ils peuvent tout le nécessaire et le requis pour que ça aille au plus mal du mal.”
Antonin Artaud - Extrait de “50 dessins pour assassiner la magie”

 

«Ce que c'est que le Moi, je n'en sais rien. La conscience ? Une répulsion épouvantable de l'Innommé, du mal tramé, car le JE vient quand le cœur l'a noué enfin, élu, tiré hors de ceci et de cela, contre ceci et pour cela, à travers l'éternelle supputation de l'horrible, dont tous les non-moi, démons, assaillent ce qui sera mon être…»
Antonin Artaud, Supplément au voyage des Tarahumaras, 1944.




Antonin Artaud - Autoportrait, fusain circa 1920

mardi 10 février 2015

Paul Eluard "Facile" (1935)

Nous avons fait la nuit je tiens la main je veille
je soutiens de toutes mes forces
Je grave sur un roc l’étoile de tes forces
Sillons profonds où la bonté de ton corps germera
Je me répète ta voix cachée ta voix publique
Je ris encore de l’orgueilleuse
Que tu traites comme une mendiante
Des fous que tu respectes des simples où tu te baignes
Et dans ma tête qui se met doucement d’accord avec la tienne avec la nuit
Je m’émerveille de l’inconnue que tu deviens
Une inconnue semblable à toi semblable à tout ce que j’aime
Qui est toujours nouveau.


Photo de Man Ray pour "Facile" de Paul Eluard 1935



mercredi 15 janvier 2014

Man Ray, dessin surréaliste à l'encre 1936 - Portrait de Dora Maar



(in Paul Eluard "Voir",  Editions "Trois Collines"Genève 1948)

Le dessin de Man Ray : toujours le désir, non le besoin. 
Pas de duvet, pas un nuage, mais des ailes, des dents, des griffes.
(Paul Eluard)

mercredi 6 mars 2013

Bona de Mandiargues - Peindre...

MAN RAY portrait de Bona 1953

Quand j'ouvre très grand les yeux les images
de la réalité sont brisées comme lorsque je les
ferme.
Cette petite remarque est peut-être à l'origine
de ma volonté de peindre.

La vigne et le vin 
Grâce à la peinture je crois que j'ai pu me sauver du suicide. Par une sorte de curiosité perpétuelle pour tout objet : un fil d'herbe, une mouche, un escargot, un homme, un nuage. Cela aussi c'est la volupté du peintre. Cette nécessité de peindre elle est en moi à toute minute ; j'ai des yeux qui regardent et qui commandent à mes doigts. Tout peut me servir à peindre, tout me sert à continuer à vivre sans trop sentir les contraintes de la société avec laquelle je me sens bien souvent en contradiction. La peinture suit les courbes de ma vie, mes désirs, mes passions, mes détresses, ma quête. Je n'ai jamais eu de préoccupations vénales, seule chose, sur ce point, dont je me vanterai. M'amuser en peignant, m'émouvoir, apprendre à connaître, voilà pour moi l'essentiel de cet art.
La personnalité du peintre n'est pas de se refaire perpétuellement, de répéter toujours la même chose. Il y a de nos jours des peintres qui sont de vrais automates, de vrais répétiteurs de tableaux ; des peintres qui travaillent comme dans des usines, à la chaîne. Là, je voudrais citer Ionesco parlant de Croce : « Benedetto Croce a été je crois le seul à nous donner un critère à peu près précis pour reconnaître la valeur d'une œuvre d'art. Celle-ci a de la valeur quand elle apporte du nouveau. L'histoire de l'art et de la littérature étant l'histoire de son expression, il y a valeur lorsqu'il y a expression nouvelle, autre chose : c'est donc l'originalité qui est garante de la valeur. »
Les variations citadines 1990

Croce n'a-t-il pas été le premier à formuler clairement ce que nous demandons à l'art moderne, à la peinture moderne ? Je pense que oui.
Je voudrais être visionnaire, percer un secret. Le mieux, dans ce cas-là, n'est il pas de ne rien savoir et de chercher ?
SI ON A L''HUMANITÉ DU SAVOIR, ON A LA GRANDEUR DE LA VÉRITÉ.
Derrière le secret de l'art, pour moi, est la réponse à une énigme. Il y a comme de la magie là-dedans. C'est pour cela que j'aime tant de Chirico. Plusieurs de ses tableaux ont été comme un révélateur de moi-même. Ils m'ont découverte. Sait-on d'où ils viennent ? On peut à peine porter un jugement sur eux. Si mes tableaux avaient cette qualité magique, je serais contente d'eux.
Y a t-il une perfection dans l'art, je me le demande. L'art est beau par son imperfection même. L'homme peint parce qu'il est imparfait. L'art est le propre signe de son impuissance. Si l'homme était parfait, l'art n'existerait pas plus que la couleur qui n'existe pas, dont parle Lovecraft dans une des ses nouvelles fantastiques. La couleur tombée du ciel, qui tue les hommes. Pour un peintre, le plus grand bonheur imaginable serait de peindre une couleur redoutable et d'en mourir. Peut-être est-ce pour cela que les peintres sont fascinés par le blanc et le noir qui ne sont pas des couleurs mais des reflets d'essence.
Les Variations Citadines, 1992

Le jour où je ferai LE TABLEAU, celui qui répondrait aux questions fondamentales, métaphysiques, de mon existence, alors ce jour-là je mourrais. La mort d'un peintre pourrait aussi être un suicide causé par l'impossibilité de finir son tableau, de trouver la couleur qui n'existe pas, d'entrer dans la couleur mortelle.
Au cours de ma vie, je suis arrivée à acquérir plus de sûreté, par une constance plus grande. Je peux aller davantage en profondeur. Je vois quelque chose encore plus loin, mais toujours sur une ligne droite. Plus ma mort approche, plus la route est droite.
Ce qui est curieux dans le métier de peintre, c'est que plus on est dedans, plus on a l'impression qu'on s'en évade. J'ai de moins en moins besoin de voir des œuvres de peinture et en même temps la peinture m'est devenue plus essentielle que tout au monde. Je n'ai plus besoin de celle du dehors, mais de celle du dedans. Dans mes voyages, dans mes évasions, je vois tout comme un peintre et pourtant j'intériorise tout.
Cette sûreté du juste regard, c'est le coup d'œil du peintre.
Plus je peins et plus je m'évade, disais-je. Mais je suis loin du virtuosisme. La virtuosité est à l'opposé de la création originale. Certes, le créateur doit être doublé d'un exécutant. Mais je me préoccupe peu de celui-ci. Pensons à Michaux. Avec quelle humilité nous dit-il qu'il n'a pas de métier, pas de talent. Et il en a fait tellement plus que les autres. C'est un être qui cherche l'avenir dans l'informe, par le sens mystique. C'est mon maître : grâce à lui, j'ai compris que la peinture était méditation. Mes dessins réalisent le mandala.
Profil Patchwork 

A propos de l'idée de représentation, je pratique un certain animisme à l'exemple de Michaux. Il est bon d'avoir des ailes, de sortir de l'être et de notre petit univers d'homme. C'est ainsi qu'à travers le déséquilibre je cherche l'équilibre. Dans mes tableaux, sans intention préconçue, il y a presque toujours le nombre d'or ou la symétrie. Comme dans la spirale de l'escargot, il y a la courbure essentielle de la croissance. Quand j'ai eu ma première crise d'hernie du disque, il m'a été révélé que j'avais la colonne vertébrale droite comme une flèche, plus droite que celle des danseurs. Elle représente pour moi la tour des cathédrales gothiques, la montée vers la spiritualité. Si les gens ont tous des arthroses, aujourd'hui, c'est par manque de spiritualité...
L'art, la peinture devraient tendre vers cet unique but : la conquête spirituelle.
Sans doute, la poésie et la peinture ont même essence. Rappelons-nous toujours cette phrase de Chirico à propos de Courbet : « Puisqu'il était poète, il aimait bien peindre. » Le monde des hommes peut être séparé en deux : ceux qui aiment la poésie, ceux qui ne la sentent pas. Ces derniers n'ont pas de mains. Les seuls vrais seigneurs aujourd'hui sont les grands poètes : Saint-John Perse, Michaux, Ungaretti, Pound...
La supériorité unique de l'homme est de pouvoir être exalté par ses facultés créatrices et fabulatrices. Je n'ai pas d'idée bien optimiste sur l'homme. Je ne crois pas beaucoup à l'histoire, à la civilisation, au progrès. La seule chose sublime que je reconnaisse à l'homme, c'est son imagination gratuite. Plus il imagine, plus il m'exalte.
Bona de Mandiargues with André Breton

Je crois que c'est au moment où le peintre sort de la peinture qu'il y entre. Tant qu'on est obsédé par la peinture, on n'est pas vraiment peintre. Tant qu'on a souci de sa personnalité, on n'est pas original. Parfois, j'ai rêvé de peindre comme si j'étais aveugle ; de sentir les choses sans les voir pour les rendre plus purement, plus idéalement. Au-delà de la vue, au-delà de la société, au-delà de la matérialité. Je me plais, grâce à mon art, à une exploration plus vaste ; à sortir de moi, comme dans le zen, comme si je pouvais entrer dans l'objet que je regarde pour échapper à une perception facile, première, grossière.
L'œuvre d'un peintre est une suite de choses très différentes s'il ne veut pas tomber dans l'art de série. Je me suis toujours moquée que l'on me dise que je n'ai pas de personnalité parce que je n'ai pas assez d'étroitesse d'idée ou de suite dans les idées.
Mieux vaut aller vers l'inconnu et en lui, si c'est possible. L'œuvre se fait dans la gestation. C'est avant la création que tout se fait, comme avant la naissance pour l'enfant qui deviendra un homme. Mon tableau est forcément imbibé de la vie qui l'a porté. Mes manques et mes vertus s'y reflètent.
J'ai voulu ma vie comme un enrichissement. J'ai été intéressée par tout. Je n'ai rien refusé.
Man Ray -  Bona de Mandiargues vers 1960

Les choses et les mots dit-on, se répondent. J'ai la nostalgie des mots. Je les aime comme on aime physiquement. Je les concrétise, je leur donne une image, une forme. C'est pour cela que je me plais à illustrer les poètes.
L'idéal, pour un peintre, pourrait être d'avoir joui de tout, d'avoir eu toutes les émotions. Et de livrer son être aux autres, aux non-initiés, à l'art. C'est pour cela que je m'efforce de travailler de façon paysanne et que je tends aux images les plus simples. Le visionnaire vers lequel je tends voudrait donner à voir.
C'est encore et toujours à Michaux que je pense quand je crée. Il a écrit, une fois, que « la foule refoule l'ange ». N'est-il pas vrai que l'artiste est un ange constamment souillé par la société, par la consommation immédiate qui se moque du don gratuit ? L'artiste est un être pudique, qui se voile, mais qui ne craint pas d'aller dans le scandale aussi, dans l'agressivité, pour arriver à la pureté, pour retrouver l'enfant qu'il était autrefois.
Suivant la leçon surréaliste le peintre que je suis bannit le classicisme : je veux désapprendre à savoir, à copier, à interpréter pour apprendre enfin à être, à dire, à découvrir, à déranger à enchanter...



(Extrait de Bona de Mandiargues et Alain Vircondelet  «  Bonaventure », éditions Stock, 1977)






Bernard PIVOT reçoit des auteurs dont le point commun est l'écriture sur le surréalisme ; un invité surprise est annoncé pour la fin de l'émission et pour lequel une chaise vide est réservée.Bona PIEYRE de MANDIARGUES, peintre surréaliste et auteur de "Bonaventure" parle de sa peinture et du surréalisme en peinture...



Man Ray -  Bona de Mandiargues 1933

jeudi 20 septembre 2012

Simone Breton - Texte surréaliste (fragment)

Simone Breton dans l'atelier, vers 1927
 
  Ceci se passait au printemps dans un jardin où les habituels vers luisants étaient remplacés par des perles noires dont la vertu est de n'émettre qu'un seul rayon lumineux lequel brûle le point où il tombe.
« Vous désirez que mon sein soit une boule de neige, disait la jeune fille. Fort bien, j'y consens. Mais que ferez-vous pour moi en échange ?
    - Émettez un vœu ! ma divine, et qu'il soit en mon pouvoir de le réaliser !
    - Je souhaite que pendant sept jours vous ayez autant de sexes que de doigts à votre     main droite. »
Or le jeune homme fut immédiatement changé en une étoile de mer. La jeune fille se pencha vers lui avec un sourire satisfait.
« Que vais-je faire ? Pensa-t-elle. Je ne savais pas que c'était si facile de se débarrasser d'un galant trop hardi. Les arbres me restent avec leur étreinte majestueuse. »
Elle avait compté sans la mer qui, furieuse de voir un de ses enfants injurié par une terrienne, envahit sourdement la lande pour le reprendre et le venger. La jeune fille ne fut plus bientôt qu'un voile transparent étendu sur les flots calmés, et dont la coquetterie était régie par le vent, les mouvements par les caprices des vagues.
C'est alors qu'intervient un élément que le romanesque le plus étrange ne suffit pas à justifier. Une mouette s'empara du voile et alla le porter dans la cabine secrète d'un capitaine de navire. Celui-ci était un homme austère et passionné dont les deux occupations favorites étaient l'une de pratiquer sur les joues de ses hommes une inflation dénommée par lui hystérico-printanière, l'autre d'apprivoiser par des poèmes faits exprès pour eux les poissons qui, mangés par eux, se trouvaient enfermés dans le ventre des requins.

La révolution surréaliste n°1, décembre 1924

Man Ray - Simone Kahn  1925

Simone Kahn, 1921 par Man Ray

Simone Kahn Breton par Man ray

jeudi 20 octobre 2011

PAUL ELUARD : "L'ORAGE D'UNE ROBE QUI S'ABAT..."



L'orage d'une robe qui s'abat
Puis un corps simple sans nuages
Ainsi venez me dire tous vos charmes
Vous qui avez eu votre part de bonheur
Et qui pleurez souvent le sort sinistre de celui qui vous a rendue si heureuse

Vous qui n'avez pas envie de raisonner
Vous qui n'avez pas su faire un homme
Sans en aimer un autre

Dans les espaces de marées d'un corps qui se dévêt
A la mamelle du crépuscule ressemblant
L'oeil fait la chaîne sur les dunes négligées
Où les fontaines tiennent dans leurs griffes des mains nues

Vestiges du front nu joues pâles sous les cils de l'horizon
Une larme fusée fiancée au passé
Savoir que la lumière fut fertile
Des hirondelles enfantines prennent la terre pour le ciel

La chambre noire où tous les cailloux du froid sont à vif
Ne dis pas que tu n'as pas peur
Ton regard est à la hauteur de mon épaule
Tu es trop belle pour prêcher la chasteté

Dans la chambre noire où le blé même
Naît de la gourmandise

Reste immobile
Et tu es seule.

(1933, La rose publique)

Sur des gros plans de photos de nus de femme et des photos de femme de Man Ray, lecture du poème de Paul Eluard "L'orage d'une robe qui s'abat..."

mardi 19 juillet 2011

Meret Oppenheim

Man Ray et Meret Oppenheim

AUTOPORTRAIT DE 50 000 ANS
AVANT JÉSUS-CHRIST JUSQU'Á X TEMPS

Je suis dans une caverne à stalactites, mes pieds reposent sur des pierres arrondies par beaucoup de pas. J'aime assez la viande d'ours. Mon ventre est baigné par un courant de mer chaud, je suis au milieu des lagunes, mon regard tombe sur les murailles rougeâtres d'une ville. Mon thorax et mes bras sont engoncés dans une armure faite d'écailles de cuir cousues très serrées l'une sur l'autre,. Je tiens dans mes mains une tortue de marbre blanc. Les pensées sont serrées dans ma tête comme dans une ruche. Je les coucherai plus tard sur le papier. L'écriture a brûlé lorsqu'on a brûlé la bibliothèque d'Alexandrie. Le serpent noir à la tête blanche se trouve à Paris au Museum. Lui aussi doit brûler. Toutes les pensées qui n'ont jamais été pensées roulent autour de la Terre dans la grande boîte spirituelle. La terre vole en éclats, la boule spirituelle explose, les pensées se dispersent dans l'univers et vont continuer à vivre sur d'autres étoiles.



Où mène la voiture ?
La voiture mène dans la forêt. La forêt
appartient à la rage d'hiver.
Comment apprend-on son adresse ?
On tourne la porte.
On lit les hymnes louangeurs des oiseaux migrateurs,
Meret Oppenheim by Man Ray,1930s
des poissons de lac, et de ces damnés, de ces maudits
scarabées de la puszta.

Nul esprit de caste ne règne ici.
Chacun peut s'y exprimer sans obstacle.
Celui qui a du foin au bras a le droit de consommer.
Vivant ou mort on tire sa révérence.
L'âge approche lentement. Mais il ne sait pas
te distinguer.
Tu te caches derrière un papillon de nuit.
Qui fait son plus beau mimicry*
Et te sacrifie au sommeil.

*En allemand comme en anglais, mimicry
désigne l'opération de mimétisme. ( N d. T )


Si vous me dites ce qui est juste, je sais
vous chanter l'éloge du corbeau avec les pieds
qui changent et qui scintillent.
Ce que je préfère, ce sont ces froides fleurs de rire
Man Ray ~ Meret Oppenheim
and Luis Marcoussis,
 from Érotique voilée series,1933



Et leurs clins d'œil, dont les ombres luisent dans
L'obscurité.

Qui prendra la folie aux arbres ?
A qui le ciel fait-il cadeau de violettes de vapeur ?
Comment une chute conseille-t-elle la suivante ?


On trouve comme ceci la solution de ces questions et
d'autres :

Q 'on sépare la senteur de son parcours et qu'on essaie
de faire un nœud à son oreille tout en courant un mille.
L'air peut alors raccourcir ses limites de deux degrés et
le résultat ne se fait pas attendre.

(Extrait de – Meret Oppenheim poèmes et carnets (1928-1985) traduit de l'allemand par Henri-Alexis Baatsch, collection « Détroits » Christian Bourgois Éditeur 1993)
Meret Oppenheim and
Luis Marcoussis
in the guise of Henri Landru





IMAGO: Meret Oppenheim (extract) by Pamela Robertson-Pearce

The fame of the Swiss artist Meret Oppenheim (1913-85) rests on one piece, "The Fur-lined Teacup", one of the archetypal Surrealist works. By creating it in 1936 at the age of 23, she leapt into the art-history books - but a year later she had retreated from Paris to Basle to study art in order to live up to her worldwide reputation, and plunged into a depression that lasted 17 years. "Nobody gives you freedom, you have to take it," she remarked, and eventually she was able to emerge from the shadow of that teacup and become a mature artist, her links with Dada and Surrealism still alive. Based on Meret Oppenheim's own words, this film is an inspiring tribute to a woman who transformed herself after a long crisis. This short extract from IMAGO covers Meret Oppenheim's Paris years.



IMAGO: Meret Oppenheim (extract) by Pamela Robertson-Pearce from Neil Astley on Vimeo.

http://www.moreeuw.com/histoire-art/meret-oppenheim.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Meret_Oppenheim

mercredi 18 mai 2011

Lee Miller

Man Ray - Lee Miller buste nu vers 1929 - 1932
Elizabeth "Lee" Miller, née le 23 avril 1907 à Poughkeepsie dans l'État de New York aux États-Unis et morte le 21 juillet 1977 à Chiddingly dans l'East Sussex en Angleterre, est une photographe américaine et un modèle rendue célèbre, entre autres, par Man Ray et Pablo Picasso.
En 1925, Lee Miller entreprend des études de théâtre et d'art plastique à l'École des Beaux-Arts de Paris puis à New York à partir de 1927, où elle pose pour des photographes, dont son père et aussi, Edward Steichen ou George Hoyningen-Huene. Elle travaille comme mannequin chez Vogue.
En 1929, elle quitte l'Amérique pour Paris et fait la connaissance de Man Ray avec qui elle vit et auprès de qui elle apprend le métier de photographe. En 1930, elle s'établit à son compte. Elle interprète le rôle de la statue dans le film de Jean Cocteau Le Sang d'un poète. Lee Miller quitte Man Ray et revient à New York en 1932 où elle ouvre son propre studio. La galerie Julian Levy organise sa première exposition personnelle. Deux ans plus tard, elle épouse Aziz Eloui Bey, un riche homme d'affaires égyptien et ils s'installent au Caire. Elle photographie alors le désert et des sites archéologiques, et produit une photo connue Portrait of Space.
Lors d'un voyage à Paris en 1937, elle fait la connaissance de l'écrivain surréaliste anglais Roland Penrose. « Penrose avait séduit Lee en Cornouailles et à Mougins en 1937, l'avait poursuivie à travers les Balkans en 1938, conquise en 1939 avec « The Road is Wider Than Long » en Égypte, enlevée et ramenée à Londres via Antibes au début de la guerre ». Elle fréquente le groupe des surréalistes et devient un modèle pour Pablo Picasso qui réalise de nombreux portraits d'elle.
En 1940, Lee Miller travaille à Londres pour le magazine Vogue. En 1942, elle devient correspondante de guerre au sein de l'armée américaine et ses reportages et photographies sont publiés dans Vogue. De 1944 à 1946, en équipe avec David Sherman, photographe du magazine Life, elle suit l'armée américaine depuis le débarquement en France jusqu'en Roumanie, en passant par l'Allemagne, l'Autriche et la Hongrie. Elle témoigne de la vie quotidienne des soldats et découvre les camps de concentration de Buchenwald et Dachau dont elle réalise parmi les premières photos. Elle fait également alors l'une de ses plus célèbres photos, son autoportrait prenant un bain dans la baignoire personnelle d'Hitler dans son « nid d'aigle », le château de Berchtesgaden.
En 1946, avec Roland Penrose, Lee Miller rend visite à Max Ernst et son épouse Dorothea Tanning, en Arizona. Penrose et Lee Miller se marient l'année suivante, en Angleterre et ont un fils Anthony. De 1948 à 1973, elle poursuit son travail pour Vogue Magazine et ses photos illustrent les ouvrages de Penrose, Picasso et Antoni Tàpies. En 1949, Lee Miller s'installe avec son mari à Farley Farm House dans le Sussex en Angleterre. Elle meurt dans sa résidence d'un cancer en 1977.
Son fils, Anthony Penrose, a fondé les archives Lee Miller dans le Sussex et a publié plusieurs livres sur la vie et l'œuvre de sa mère.
(Wikipedia)

Pablo Picasso by Lee Miller


C’est l’histoire d’une beauté qui est passée de l’autre côté de l’objectif. Lee Miller aurait dû être mannequin et elle a été une des plus fantastiques photographes de ce siècle. Femme libre, cette égérie du surréalisme a vécu mille vies. Débutant comme assistante de Man Ray, elle fait ses classes auprès du maître et rapidement ses clichés rencontrent le succès. Ses portraits de Picasso, Fred Astaire, Cocteau ou encore Marlene Dietrich sont connus dans le monde entier : elle y photographie le glamour, le beau, le mondain… Mais si Lee Miller évolue dans les paillettes et les strass, elle devient aussi correspondante de guerre et est sûrement la seule femme photographe à rentrer dans Paris avec les troupes américaines le 25 août 1944.



 
Self Portrait with sphinxes by Lee Miller, 1940


Lee Miller in Camouflage by David E. Scherman, 1941

Lee Miller by Man Ray

Nusch and Paul Eluard, Roland Penrose, Man Ray and Ady Fidelin,
Ile Sainte-Marguerite, Cannes, 1937 by Lee Miller

Man ray, Lee Miller 1930

samedi 19 février 2011

MAN RAY, photographies

Man Ray (August 27, 1890 -- November 18, 1976), born Emmanuel Radnitzky, was an American artist who spent most of his career in Paris, France. Perhaps best described simply as a modernist, he was a significant contributor to both the Dada and Surrealist movements, although his ties to each were informal. Best known in the art world for his avant-garde photography, Man Ray produced major works in a variety of media and considered himself a painterabove all. He was also a renowned fashion and portrait photographer. He is noted for his photograms, which he renamed "rayographs" after himself.
While appreciation for Man Ray's work beyond his fashion and portrait photography was slow in coming during his lifetime, especially in his native United States, his reputation has grown steadily in the decades since.
In 1999, ARTnews magazine named him one of the 25 most influential artists of the 20th century, citing his groundbreaking photography as well as "his explorations of film, painting, sculpture, collage, assemblage, and prototypes of what would eventually be called performance art and conceptual art" and saying "Man Ray offered artists in all media an example of a creative intelligence that, in its 'pursuit of pleasure and liberty,'"—Man Ray's stated guiding principles—"unlocked every door it came to and walked freely where it would."





mercredi 22 septembre 2010

Dora Maar

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dora_Maar
Dora Maar by Man Ray

Dora Maar
Fotografía de Assia por Dora Maar

Dora Maar, étude de nu - Femme assise de dos, vers 1930

Dora Maar (November 22, 1907 -- July 16, 1997) was a French photographer, poet and painter of Croatian descent, best known for being a lover and muse of Pablo Picasso.






vendredi 18 juin 2010

MAN RAY - L'étoile de mer

Man Ray Etoile de mer (A partir d’un poème de Robert Desnos)
1928 / France / 17 min. 30 sec / 16 mm / N & B.
Avec Robert Desnos, André de la Rivière et Kiki de Montparnasse. Musique : Josephine Baker,Consuelo Moreno, The Woman with Spanish Combs, Sakellariou Yianides.
Le scénario d’Etoile de Mer s’inspire de la lecture à haute voix d’un poème de Robert Desnos.