lundi 4 avril 2011
samedi 2 avril 2011
Michel Chion "Requiem"
Michel Chion, né le 16 janvier 1947[1] à Creil (Oise), est un
compositeur de musique concrète, réalisateur, enseignant de cinéma et
critique. Il a été membre du Groupe de recherches musicales (GRM) de
1971 à 1976. Il a réalisé des films et des vidéos et publié 16 ouvrages
sur le son, la musique, le cinéma (dont des monographies sur Andreï
Tarkovski, David Lynch, Jacques Tati ou Stanley Kubrick, entre autres).
Après des études littéraires et musicales, il entre en 1970 au Service de la recherche de l'ORTF, où il est successivement assistant de Pierre Schaeffer au Conservatoire national de musique de Paris, réalisateur-producteur des émissions du GRM, et responsable des publications de l'Ina-GRM, dont il fait partie de 1971 à 1976. C'est là qu'il rencontre Robert Cahen, compositeur et vidéaste, avec lequel le lieront désormais des rapports d'amitié et de collaboration.
Parallèlement, il compose dans les studios du GRM des « musiques concrètes », dont le Requiem (Grand prix du disque 1978) et plusieurs mélodrames concrets, forme dramatique qu'il inaugure en 1972 avec Le prisonnier du son et continue avec La Tentation de saint Antoine, 1984, en passant par Tu, 1977-85, et Nuit noire, 1985. On citera aussi La roue, cycle du quotidien, 1972-85, 24 préludes à la vie, Variations et Sonate, 1989-91, Crayonnés ferroviaires, 1992, Credo Mambo, 1992, - réalisée dans les studios de Musiques & Recherches (Ohain, Belgique) -, Gloria, 1994 — œuvres pour lesquelles il développe des techniques de réalisation originales. On lui doit aussi des musiques et conceptions sonores pour des films et vidéos.
Il ouvre comme théoricien un domaine neuf: l'étude systématique des rapports audio-visuels, qu'il enseigne dans plusieurs centres (notamment à l'Université de Paris III, où il est Professeur associé) et écoles de cinéma (La Fémis, l'ESEC, DAVI), et développe dans un ensemble de cinq ouvrages. Parmi une vingtaine de titres traduits dans une dizaine de langues, il a écrit aussi sur Pierre Henry, François Bayle, Charlie Chaplin, Jacques Tati, David Lynch, Andreï Tarkovski divers sujets de musique et de cinéma, publié dans des revues françaises et internationales et contribué à de nombreux dictionnaires et encyclopédies. Parallèlement, il a abordé la réalisation avec notamment le court-métrage Éponine (Prix Jean-Vigo, Premiers prix à Clermont-Ferrand, et à Montréal). En 1995, il entreprend une Messe de terre audio-vidéo au CICV Pierre Schaeffer de Montbéliard (France).
Après avoir consacré un Guide des objets sonores aux idées de Schaeffer, il fonde dans Le promeneur écoutant, essais d'acoulogie, (Plume éditeur, 1993), complété par Musiques, médias, technologies (Flammarion), une théorie du son s'appuyant sur le langage. Il publie en 1991, grâce à Jérôme Noetinger, L'art des sons fixés, où est notamment proposé, pour désigner cette musique, le retour à l'appellation de « musique concrète » dans son sens initial non-causaliste. Sa redéfinition insiste sur les effets propres à la « fixation » du son, terme qu'il initie à la place de celui d'enregistrement.
A propos de l'oeuvre musicale de Michel Chion, voir La musique concrète de Michel Chion ; essai de Lionel Marchetti, 320 pages (Préface de François Bayle, suivi dune discussion avec Michel Chion, par Christian Zanési, ) ; éditions Metamkine 1998
Après des études littéraires et musicales, il entre en 1970 au Service de la recherche de l'ORTF, où il est successivement assistant de Pierre Schaeffer au Conservatoire national de musique de Paris, réalisateur-producteur des émissions du GRM, et responsable des publications de l'Ina-GRM, dont il fait partie de 1971 à 1976. C'est là qu'il rencontre Robert Cahen, compositeur et vidéaste, avec lequel le lieront désormais des rapports d'amitié et de collaboration.
Parallèlement, il compose dans les studios du GRM des « musiques concrètes », dont le Requiem (Grand prix du disque 1978) et plusieurs mélodrames concrets, forme dramatique qu'il inaugure en 1972 avec Le prisonnier du son et continue avec La Tentation de saint Antoine, 1984, en passant par Tu, 1977-85, et Nuit noire, 1985. On citera aussi La roue, cycle du quotidien, 1972-85, 24 préludes à la vie, Variations et Sonate, 1989-91, Crayonnés ferroviaires, 1992, Credo Mambo, 1992, - réalisée dans les studios de Musiques & Recherches (Ohain, Belgique) -, Gloria, 1994 — œuvres pour lesquelles il développe des techniques de réalisation originales. On lui doit aussi des musiques et conceptions sonores pour des films et vidéos.
Il ouvre comme théoricien un domaine neuf: l'étude systématique des rapports audio-visuels, qu'il enseigne dans plusieurs centres (notamment à l'Université de Paris III, où il est Professeur associé) et écoles de cinéma (La Fémis, l'ESEC, DAVI), et développe dans un ensemble de cinq ouvrages. Parmi une vingtaine de titres traduits dans une dizaine de langues, il a écrit aussi sur Pierre Henry, François Bayle, Charlie Chaplin, Jacques Tati, David Lynch, Andreï Tarkovski divers sujets de musique et de cinéma, publié dans des revues françaises et internationales et contribué à de nombreux dictionnaires et encyclopédies. Parallèlement, il a abordé la réalisation avec notamment le court-métrage Éponine (Prix Jean-Vigo, Premiers prix à Clermont-Ferrand, et à Montréal). En 1995, il entreprend une Messe de terre audio-vidéo au CICV Pierre Schaeffer de Montbéliard (France).
Après avoir consacré un Guide des objets sonores aux idées de Schaeffer, il fonde dans Le promeneur écoutant, essais d'acoulogie, (Plume éditeur, 1993), complété par Musiques, médias, technologies (Flammarion), une théorie du son s'appuyant sur le langage. Il publie en 1991, grâce à Jérôme Noetinger, L'art des sons fixés, où est notamment proposé, pour désigner cette musique, le retour à l'appellation de « musique concrète » dans son sens initial non-causaliste. Sa redéfinition insiste sur les effets propres à la « fixation » du son, terme qu'il initie à la place de celui d'enregistrement.
A propos de l'oeuvre musicale de Michel Chion, voir La musique concrète de Michel Chion ; essai de Lionel Marchetti, 320 pages (Préface de François Bayle, suivi dune discussion avec Michel Chion, par Christian Zanési, ) ; éditions Metamkine 1998
vendredi 1 avril 2011
Thoughts by Hermann Hesse
Trees" is from Hesse's book Wandering (1920)
For me, trees have always been the most penetrating preachers. I revere them when they live in tribes and families, in forests and groves. And even more I revere them when they stand alone. They are like lonely persons. Not like hermits who have stolen away out of some weakness, but like great, solitary men, like Beethoven and Nietzsche. In their highest boughs the world rustles, their roots rest in infinity; but they do not lose themselves there, they struggle with all the force of their lives for one thing only: to fulfill themselves according to their own laws, to build up their own form, to represent themselves. Nothing is holier, nothing is more exemplary than a beautiful, strong tree. When a tree is cut down and reveals its naked death-wound to the sun, one can read its whole history in the luminous, inscribed disk of its trunk: in the rings of its years, its scars, all the struggle, all the suffering, all the sickness, all the happiness and prosperity stand truly written, the narrow years and the luxurious years, the attacks withstood, the storms endured. And every young farmboy knows that the haredest and nobleest wood has the narrowest rings, that high on the mountains and in continuing danger the most indestructible, the strongest, the ideal trees grow.
Trees are sanctuaries. Whoever knows how to speak to them, whoever knows how to listen to them, can learn the truth. They do not preach learning and precepts, they preach, undeterred by particulars, the ancient law of life.
A tree says: A kernel is hidden in me, a spark, a thought, I am life from eternal life. The attempt and the risk that the eternal mother took with me is unique, unique the form and veins of my skin, unique the smallest play of leaves in my branches and the smallest scar on my bark. I was made to form and reveal the eternal in my smallest special detail.
A tree says: My strength is trust. I know nothing about my fathers, I know nothing about the thousand children that every year spring out of me. I live out the secret of my seed to the very end, and I care for nothing else. I trust that God is in me. I trust that my labor is holy. Out of this trust I live.
When we are stricken and cannot bear our lives any longer, then a tree has something to say to us: Be still! Be still! Look at me! Life is not easy, life is not difficult. Those are childish thoughts. Let God speak within you, and your thoughts will grow silent. You are anxious because your path leads away from mother and home. But every step and every day lead you back again to the mother. Home is neither here nor there. Home is within you, or home is nowhere at all.
A longing to wander tears my heart when I hear trees rustling in the wind at evening. If one listens to them silently for a long time, this longing reveals its kernel, its meaning. It is not so much a matter of escaping from one's suffering, though it may seem to be so. It is a longing for home, for a memory of the mother, for new metaphors for life. It leads home. Every path leads homeward, every step is birth, every step is death, every grave is mother.
So the tree rustles in the evening, when we stand uneasy before our own childish thoughts. Trees have long thoughts, long-breathing and restful, just as they have longer lives than ours. They are wiser than we are, as long as we do not listen to them. But when we have learned how to listen to trees, then the brevity and the quickness and the childlike hastiness of our thoughts achieve an incomparable joy. Whoever has learned how to listen to trees no longer wants to be a tree. He wants to be nothing except what he is. That is home. That is happiness.
Trees are sanctuaries. Whoever knows how to speak to them, whoever knows how to listen to them, can learn the truth. They do not preach learning and precepts, they preach, undeterred by particulars, the ancient law of life.
A tree says: A kernel is hidden in me, a spark, a thought, I am life from eternal life. The attempt and the risk that the eternal mother took with me is unique, unique the form and veins of my skin, unique the smallest play of leaves in my branches and the smallest scar on my bark. I was made to form and reveal the eternal in my smallest special detail.
A tree says: My strength is trust. I know nothing about my fathers, I know nothing about the thousand children that every year spring out of me. I live out the secret of my seed to the very end, and I care for nothing else. I trust that God is in me. I trust that my labor is holy. Out of this trust I live.
When we are stricken and cannot bear our lives any longer, then a tree has something to say to us: Be still! Be still! Look at me! Life is not easy, life is not difficult. Those are childish thoughts. Let God speak within you, and your thoughts will grow silent. You are anxious because your path leads away from mother and home. But every step and every day lead you back again to the mother. Home is neither here nor there. Home is within you, or home is nowhere at all.
A longing to wander tears my heart when I hear trees rustling in the wind at evening. If one listens to them silently for a long time, this longing reveals its kernel, its meaning. It is not so much a matter of escaping from one's suffering, though it may seem to be so. It is a longing for home, for a memory of the mother, for new metaphors for life. It leads home. Every path leads homeward, every step is birth, every step is death, every grave is mother.
So the tree rustles in the evening, when we stand uneasy before our own childish thoughts. Trees have long thoughts, long-breathing and restful, just as they have longer lives than ours. They are wiser than we are, as long as we do not listen to them. But when we have learned how to listen to trees, then the brevity and the quickness and the childlike hastiness of our thoughts achieve an incomparable joy. Whoever has learned how to listen to trees no longer wants to be a tree. He wants to be nothing except what he is. That is home. That is happiness.
jeudi 31 mars 2011
lundi 28 mars 2011
JOYCE MANSOUR - Du doux repos / Chant des cuirassés
Prends vite une plume
Ecris
Je volerai je volerai
L'orbite de la lune sauvage
Les grêles sanglots des vagues
Venues de l'autre rive
Vagues vaguelettes bandelettes et
babillage
Ecris
Roule entre mes bras
Ainsi qu'un caillou entre le ciel et le
fond
D'un puits
Le sable sauvegarde l'aveugle
Sur le parchemin de sa nuit
Prends vite du papier
Ecris
Suis-moi entre les plates-bandes
Tranchées béquilles épines
Ecoute
Les confidences de la rose
Mâchées hachées anodines
Ecris donc sur le dos d'un raz-de-marée
Grave ton signe
Mille fois inscrit
La joie muette de l'ordure
Sous les voiles soumises
De l'aqua-marine
Trace
Le trait indélébile
La marque sanguinaire qui barre la face
ultime
Mon vert cœur épris O maléfices de
la lune
Signe résolument de la verge hautaine
Sur le masque et le heaume de
l'escargot cacheté
Ecris signe barre
Je me noie dans l'encrier du moindre
mot
Jamais
Hélas je voudrais me dévêtir
Insoucieuse de l'hyménée
Arabe
Et mourir
Sanglante
Debout
Le géotrupe le loup
Pâles édifices horribles
Imaginations supérieures
Chevelures de ma grande hantise
O loup au loup aux loups
(In «La Brèche » N°8 novembre
1965)
jeudi 24 mars 2011
Jean-Claude SILBERMANN - HOTEL DU SANS VISAGE
Aux grands transparents
en hommage à leur
discrétion infinie.
Je suis entré
comme un gangster
Derrière le bar
une femme
(Guillaume ses
dents étaient des mouettes sur la bouée de sa voix)
me lança l'amarre
d'une histoire
en peau de lapin
« Connaissez-vous,
me demanda t-elle, celle du monsieur qui
s'était
jeté dans ses propres yeux ?
Je l'écoutais sans
comprendre
le cœur serré
comme une bottine
sur une cheville de
noyée
et les clients
accoudés au vent du large
regardaient le
spectre des carrières
reprendre du rosé
On m'apporta dans
les bouteilles de persiennes
des alcools de
broderies déchirées par les chats
et un homme sans
yeux
sans bouche sans
nez et sans oreille
sortit à
cloche-pied
de la tour des
marelles en ruine dans mon verre
Tout abîme et
silence
et plus secret que
l'étincelle
absente
d'où jaillissent
les rayons de l'oursin
il braquait sur moi
un pistolet
automatique comme
chance et malchance
Puis les sombres
paysannes
en coiffe de
mercure
apparurent dans les
fleurs du papier mural
où le peuple des
morts les tenaient prisonnières
*
L'une d'elles
s'avança et dit :
« Il fait
nuit
une femme marche
sur une route
Elle va où va son
ombre engloutie plus loin comme un navire
Plus loin il y a
une scierie éteinte sur son parfum
et c'est là
qu'elle a rendez-vous bien qu'elle n'ait pris aucun
rendez-vous
Déjà les herbes
enlacent ses chevilles
Entend-elle l'aile
unique d'une porte
qui se débat
Elle se hisse sur
la pointe des pieds
vers une vitre
brisée...
Demain le chemineau
qui s'était introduit dans la scierie pour
y dormir
découvrira une femme morte
debout dans l'herbe
grimpante
Il creusera une
tombe
plus profonde que
cette boule de cristal
puis il fera
glisser la terre
sur eux deux
Suis-moi et tu
verras »
*
J'ai vu un homme
traqué par toutes les polices
changer de train
et croiser sans le
savoir
une ombre à qui il
aurait pu se fier
J'ai vu quelqu'un
chercher quelque chose
qu'il croyait avoir
égaré quelque part
et qui ne se
souvenait plus de rien
et avec lui
j'arrivais à l'hôtel du sans visage
Ni porte ni mur
à cette demeure
aimantée
j'y suis sans
connaissance
le mort et le
cortège
Aucun chemin n'y
mène
elle est où je
vais quoiqu'il arrive
elle est où je
suis comme un mot transparent
Si je la cherche
elle me fuit
si je l'ignore je
la trouve
à la croisée des
désirs errants
Et la neige
cérémonielle
se détache du toit
C'est en elle que
je suis né
et c'est en elle
que je mourrai
sans laisser de
trace
sans laisser plus
de trace
que sur une porte
close
un signe de
vagabond
Dans la salle des
éperdus
l'attente est
attendue
Rien à perdre
que ce venimeux
souci
d' insouciance
*
Toute pierre lancée au hasard se
dirige avec une étonnante précision, vers l'endroit
qu'elle finira par atteindre.
Il y a deux
licornes dans la forêt
l'une est noire
l'autre est blanche
et toutes deux nous
mangent dans la main
L'une disparaît en
tirant jusqu'aux lacs
les grandes
fourmilières métaphysiques
l'autre pénètre
dans les haies de hiboux
et se dissout dans
leur fuite
Chez les marchands
de souvenirs
des touffes de leur
pelage sont vendues dans
des
médaillons
plus fragiles que
le pouls d'une femme endormie
Ni prière ni
exaucement ni épreuve ni mérite
ni lutte
ni salut
rien qu'une femme
endormie
dans le feuillage
de l'arbre transparent
où se postent les
oiseaux de mer
rien que la grande
scie de la mer
comme une image
pieuse déchirée
rien qu'une goutte
d'eau glissant comme une tête réduite entre
les
doigts d'un indien Jivaro qui regarde tomber la pluie
et cette ultime
chute fait déborder mon insomnie
mais qu'importe
qu'importe que rien
n'importe puisque rien n'importe
rien qu'une
étincelle dans la foulée des chevaux
rien qu'une
étincelle
pour naître et
mourir dans la soif de l'instant
(In "La brèche" n°4 février 1963)

lundi 21 mars 2011
vendredi 18 mars 2011
jeudi 17 mars 2011
Georges Bataille - À perte de vue - Un film de André S. Labarthe (1997)
"Un siècle d'écrivains/A Century of Writers" is a 50-minute documentary program co-produced by Amip-France 3.
André S. Labarthe, well-known as co-founder and original developer of "Cinéma, de notre temps", here portrays the French writer Georges Bataille (1897-1962), whose work ventures, at the same time, into the fields of literature, anthropology, philosophy, economy, sociology and history of art.
Initially broadcasted on 30 April 1997, the film contains the interviews with Pierre Klossowski and Jacques Pimpanneau. The French title could be translated as "As-Far-as-The-Eye-Can-See (At the Limit of Vision)", which may well constitute a literary reference to the Bataille's first book, "Story of the Eye".
"Comment saisir à mains nues la pensée la plus volcanique du siècle ? Comment approcher par le film ce qui se dérobe à toute approche ?
Comment le cinéma – "art de l’image", dit-on – peut-il accueillir et laisser vivre les images inadmissibles qui tissent des récits tels que "Madame Edwara" et "Le Mort" ?
Bref, comment parler de Georges Bataille dans un film quand on sait ce film impossible ?" André S. Labarthe.
André S. Labarthe, well-known as co-founder and original developer of "Cinéma, de notre temps", here portrays the French writer Georges Bataille (1897-1962), whose work ventures, at the same time, into the fields of literature, anthropology, philosophy, economy, sociology and history of art.
Initially broadcasted on 30 April 1997, the film contains the interviews with Pierre Klossowski and Jacques Pimpanneau. The French title could be translated as "As-Far-as-The-Eye-Can-See (At the Limit of Vision)", which may well constitute a literary reference to the Bataille's first book, "Story of the Eye".
"Comment saisir à mains nues la pensée la plus volcanique du siècle ? Comment approcher par le film ce qui se dérobe à toute approche ?
Comment le cinéma – "art de l’image", dit-on – peut-il accueillir et laisser vivre les images inadmissibles qui tissent des récits tels que "Madame Edwara" et "Le Mort" ?
Bref, comment parler de Georges Bataille dans un film quand on sait ce film impossible ?" André S. Labarthe.
Nuits magnétiques - Georges Bataille à perte de vue : l'impossible et le cinéma
mercredi 16 mars 2011
Cergio Prudencio "Cantos crepusculares I" (1999)
- Orquesta Experimental de Instrumentos Nativos, La Paz / Leitung: Cergio Prudencio.
Cergio Prudencio est né en 1955 à La Paz en Bolivie.
lundi 14 mars 2011
Atelier & cahiers de Cerkita Zongho
Déambulation chancelante dans l'atelier de Cerkita Zongho,
entre collages, peintures, mots, pinceaux, plumes, encres et pastels...
Mise en son de Zaz Zetoun Mind.
entre collages, peintures, mots, pinceaux, plumes, encres et pastels...
Mise en son de Zaz Zetoun Mind.
vendredi 11 mars 2011
Henri d'Ursel "La Perle"
Henri d'Ursel "La Perle" 1929 - Screenplay by Georges Hugnet- Composition by Mireille Capelle
"The count Henri d'Ursel shot La perle (The Pearl) under the pseudonym of Henri d'Arche "in the flush of inexperience", as he put it. D'Ursel made only one film, based on a screenplay by the poet Georges Hugnet. In a Paris straight out of the serials of Louis Feuillade, the hero goes in search of a pearl which constantly disappears in a string of bizarre encounters - sneak thieves in a hotel wearing body stockings à la Musidora, a beautiful fiancée on a bicycle and a somnambulist walking the rooftops in a night-shirt, amorous fantasies in the undergrowth. Hugnet himself played this waking dreamer, haunted by an unending eroticism reflected in the images."
"Seven composers wrote the music for these unique films: Joachim Brackx, Eric Sleichim, Jan Van Outryve, Annelies Van Parys (in residence at Transparant) and Mireille Capelle, Geert Callaert and Thomas Smetryns (in residence at HERMESensemble). The works for ensemble are performed by the HERMES ensemble conducted by Koen Kessels."
Directed by:
Henri d' Ursel
Writers:
Georges Hugnet
Cast:
Georges Hugnet → Le jeune homme
Kissa Kouprine → La voleuse
Renee Savoye → La somnambule (as Renée Savoy)
Mary Stutz → Lulu - La fiancée du jeune homme
Country:
Belgium
Release Year:
1929
"The count Henri d'Ursel shot La perle (The Pearl) under the pseudonym of Henri d'Arche "in the flush of inexperience", as he put it. D'Ursel made only one film, based on a screenplay by the poet Georges Hugnet. In a Paris straight out of the serials of Louis Feuillade, the hero goes in search of a pearl which constantly disappears in a string of bizarre encounters - sneak thieves in a hotel wearing body stockings à la Musidora, a beautiful fiancée on a bicycle and a somnambulist walking the rooftops in a night-shirt, amorous fantasies in the undergrowth. Hugnet himself played this waking dreamer, haunted by an unending eroticism reflected in the images."
"Seven composers wrote the music for these unique films: Joachim Brackx, Eric Sleichim, Jan Van Outryve, Annelies Van Parys (in residence at Transparant) and Mireille Capelle, Geert Callaert and Thomas Smetryns (in residence at HERMESensemble). The works for ensemble are performed by the HERMES ensemble conducted by Koen Kessels."
Directed by:
Henri d' Ursel
Writers:
Georges Hugnet
Cast:
Georges Hugnet → Le jeune homme
Kissa Kouprine → La voleuse
Renee Savoye → La somnambule (as Renée Savoy)
Mary Stutz → Lulu - La fiancée du jeune homme
Country:
Belgium
Release Year:
1929
jeudi 10 mars 2011
Katrine Mafaraud
La tête tranchée
Dans ce cerveau-ferblantier qui traîne
Tant d’impossibles deltas
Dans cette tête mal mise en équilibre
Comme sur un cendrier
Dans cet esprit nomade et planeur
Rhapsode n’ayant plus que les mots
A unir à détruire aussi
Dans cette infirmité essentielle
Qui embrase le cou et ses colliers d’organes
Dans cette bouche-batterie
Où gémit le laser d’un muscle en sang
Dans cette incohérence faciale
Où la prunelle avant toute autre
Saute le pas sans jamais s’identifier
Décryptant pour une chaleur interne
Et douteuse ayant mal sans personne
Dans cet écho qui part de l’œil vision
Et atteint l’œil digestif du sexe
Dans ce chaos de pensées-foutre
Et de sensations pyramidales
Dans ce blockhaus de peaux d’écailles
Et de phalanges aux doigts
Dans cette demeure troglodytique
Et résolument souterraine
Où le corps est désavoué
Par ses propres visions
Dans ce trou veineux armé de couleurs
Je me dissous irrémédiablement.
Transfiguration
Le Dôme n’est pas vert bouteille
Il est vert d’eau soutenu eau de rivière
Mes yeux s’oblitèrent à chaque rencontre
Et je ne peux les retenir que par l’ombre
De mes mains qui sèchent
De mes doigts qui s’usent
Et de mes bagues qui ne servent à rien d’autre
Avoir en fin de corps
C’est-à- dire au commencement de tout
Quand l’autre dégage sa chaise
Et sort sa première cigarette
Avoir des dagues des bois des cornes et des griffes
Des poings au sexe et des coudes aux hanches
Des os saillants des muscles larges
Des écailles sur les zones érogènes
Une carapace sur le mental
Et un carcan pour la tendresse
Etre chauve être bistre
Ophidienne et tranquille
Putrescente et imprenable
Déformée défigurée
Immonde et assise
Le Dôme ne libère pas l’écho
Et mes restes s’accrochent une fois de plus
Des restes fragiles un peu rosés
Noués souvent de syllabes
Et rarement de mots
Des restes bon marché
Puérils et femelles
Il faudra donc s’habiller de pourpre et de carmin
Attendre la transfiguration
Utiliser tout comme une arme
Préparer préméditer et tromper
Puis se taire
Il faudra en attendant d’être un monstre
Oublier définitivement le langage.
(Extraits de "Je suis laide aujourd’hui comme une cathédrale" - Pierre Perrin – Possibles éd., 1978)
Dans ce cerveau-ferblantier qui traîne
Tant d’impossibles deltas
Dans cette tête mal mise en équilibre
Comme sur un cendrier
Dans cet esprit nomade et planeur
Rhapsode n’ayant plus que les mots
A unir à détruire aussi
Dans cette infirmité essentielle
Qui embrase le cou et ses colliers d’organes
Dans cette bouche-batterie
Où gémit le laser d’un muscle en sang
Dans cette incohérence faciale
Où la prunelle avant toute autre
Saute le pas sans jamais s’identifier
Décryptant pour une chaleur interne
Et douteuse ayant mal sans personne
Dans cet écho qui part de l’œil vision
Et atteint l’œil digestif du sexe
Dans ce chaos de pensées-foutre
Et de sensations pyramidales
Dans ce blockhaus de peaux d’écailles
Et de phalanges aux doigts
Dans cette demeure troglodytique
Et résolument souterraine
Où le corps est désavoué
Par ses propres visions
Dans ce trou veineux armé de couleurs
Je me dissous irrémédiablement.
Transfiguration
Le Dôme n’est pas vert bouteille
Il est vert d’eau soutenu eau de rivière
Mes yeux s’oblitèrent à chaque rencontre
Et je ne peux les retenir que par l’ombre
De mes mains qui sèchent
De mes doigts qui s’usent
Et de mes bagues qui ne servent à rien d’autre
Avoir en fin de corps
C’est-à- dire au commencement de tout
Quand l’autre dégage sa chaise
Et sort sa première cigarette
Avoir des dagues des bois des cornes et des griffes
Des poings au sexe et des coudes aux hanches
Des os saillants des muscles larges
Des écailles sur les zones érogènes
Une carapace sur le mental
Et un carcan pour la tendresse
Etre chauve être bistre
Ophidienne et tranquille
Putrescente et imprenable
Déformée défigurée
Immonde et assise
Le Dôme ne libère pas l’écho
Et mes restes s’accrochent une fois de plus
Des restes fragiles un peu rosés
Noués souvent de syllabes
Et rarement de mots
Des restes bon marché
Puérils et femelles
Il faudra donc s’habiller de pourpre et de carmin
Attendre la transfiguration
Utiliser tout comme une arme
Préparer préméditer et tromper
Puis se taire
Il faudra en attendant d’être un monstre
Oublier définitivement le langage.
(Extraits de "Je suis laide aujourd’hui comme une cathédrale" - Pierre Perrin – Possibles éd., 1978)
mardi 8 mars 2011
dimanche 6 mars 2011
HELENE JUNG "La vierge au donateur"
Mort, je m’exalte de ton goût prématuré
Et je pressens obscurément ta jouissance.
Dès maintenant, je marche grave à tes côtés
Pour colorer ma vie près de ton Existence.
Sur le calice ruisselant des agonies,
Sur la lie incarnate et froide qu’on boira,
Laisse- moi respirer ton odeur infinie,
Ton étrange parfum nocif de daturas.
Ainsi la momie de Thaïs, nue, entravée
D’algues de pourpre des bandelettes sacrées
- Morte courtisane aux caresses sans échos
Qui serre dans ses frêles mains passionnées,
Couleur de cendre, une rose de Jéricho,
Et qui sait la saveur de ces minutes telle
Qu’on la dirait la reine immobile de l’air,
Jouit d’une volupté suprême dans sa chair
Volée un peu de temps à la mort éternelle !
Le jour où je vous dirai "Toi"
Nous serons alanguis de lascives musiques
Dont les sons allongés frôlent les épidermes
Jusqu’au moment où, frénétiques,
Les désirs germent
Comme des fleurs de chair, brutales et mystiques.
Sauvagement, nous unirons nos cruautés
En baisers qui se font morsures,
En spasmes qui se font tortures
Et vous ne serez plus l’idole froide et pure,
Vous humaniserez enfin votre beauté,
Vous appellerez la luxure
De tous vos sens exaspérés
Et vous aurez soif de plaisir et de joie.
Le jour où je vous dirai "Toi"
Vous serez ma proie ardente et hurlante
Et vous serez à moi, bien à moi, toute à moi.
(extrait de « Quelques poètes frénétiques » de la revue « Plein chant » N° 37-38 (1978)
http://www.pleinchant.fr/
Et je pressens obscurément ta jouissance.
Dès maintenant, je marche grave à tes côtés
Pour colorer ma vie près de ton Existence.
Sur le calice ruisselant des agonies,
Sur la lie incarnate et froide qu’on boira,
Laisse- moi respirer ton odeur infinie,
Ton étrange parfum nocif de daturas.
Ainsi la momie de Thaïs, nue, entravée
D’algues de pourpre des bandelettes sacrées
- Morte courtisane aux caresses sans échos
Qui serre dans ses frêles mains passionnées,
Couleur de cendre, une rose de Jéricho,
Et qui sait la saveur de ces minutes telle
Qu’on la dirait la reine immobile de l’air,
Jouit d’une volupté suprême dans sa chair
Volée un peu de temps à la mort éternelle !
Le jour où je vous dirai "Toi"
Nous serons alanguis de lascives musiques
Dont les sons allongés frôlent les épidermes
Jusqu’au moment où, frénétiques,
Les désirs germent
Comme des fleurs de chair, brutales et mystiques.
Sauvagement, nous unirons nos cruautés
En baisers qui se font morsures,
En spasmes qui se font tortures
Et vous ne serez plus l’idole froide et pure,
Vous humaniserez enfin votre beauté,
Vous appellerez la luxure
De tous vos sens exaspérés
Et vous aurez soif de plaisir et de joie.
Le jour où je vous dirai "Toi"
Vous serez ma proie ardente et hurlante
Et vous serez à moi, bien à moi, toute à moi.
(extrait de « Quelques poètes frénétiques » de la revue « Plein chant » N° 37-38 (1978)
http://www.pleinchant.fr/
samedi 5 mars 2011
Michael Bertiaux
http://www.kaosphorus.net/4706/michael-bertiaux
LCN, OTOA and the Voudon Gnostic Magical System
of Michael Bertiaux part one
LCN, OTOA and the Voudon Gnostic Magical System
of Michael Bertiaux part two
jeudi 3 mars 2011
MANUEL ALVAREZ BRAVO
Manuel Álvarez Bravo, pionero de la fotografía artística en México, es considerado como el mayor representante de la fotografía latinoamericana del siglo XX. Su obra se extiende de finales de la década de 1920 a la de los noventas.
Nace en el centro de la capital mexicana el 4 de febrero de 1902. Interrumpe sus estudios a los doce años al fallecer su padre y comienza a trabajar para ayudar en la economía familiar, en una fábrica textil y posteríormente en la Tesorería General de la Nación.Su abuelo, pintor, y su padre, maestro, eran aficionados a la fotografía. El descubrimiento temprano de las posibilidades de la cámara le hará explorar en autodidacta todos los procedimientos fotográficos, así como las técnicas de la gráfica.
En un inicio aborda el pictorialismo, influido por sus estudios de pintura en la Academia de San Carlos. Explora luego las estéticas modernas, con el descubrimiento del cubismo y las posibilidades de la abstracción. En 1930 se inicia en la fotografía documental: Tina Modotti, al ser deportada de México, le deja su trabajo en la revista Mexican Folkways. Así trabaja para los pintores muralistas: Diego Rivera, José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros.
Álvarez Bravo es una figura emblemática del periodo posterior a la Revolución mexicana conocido como renacimiento mexicano. Fue aquel un periodo cuya riqueza se debe a la feliz, aunque no siempre serena, coexistencia de un afán de modernización y de la búsqueda de una identidad con raíces propias en que la arqueología, la historia y la etnología desempeñaron un papel relevante, de modo paralelo a las artes. Álvarez Bravo encarna ambas tendencias en el terreno de las artes plásticas.
De 1943 a 1959 trabaja en el cine realizando fotografías fijas, lo que lo lleva a producir algunos experimentos personales.En vida, presentó más de 150 exposiciones individuales y participó en más de 200 exposiciones colectivas. Según numerosos críticos, la obra de este "poeta de la lente" expresa la esencia de México, pero la mirada humanista que refleja su obra, las referencias estéticas, literarias y musicales que contiene, lo confieren también una dimensión universal.
Falleció el 19 de octubre de 2002, a los cien años.
Nace en el centro de la capital mexicana el 4 de febrero de 1902. Interrumpe sus estudios a los doce años al fallecer su padre y comienza a trabajar para ayudar en la economía familiar, en una fábrica textil y posteríormente en la Tesorería General de la Nación.Su abuelo, pintor, y su padre, maestro, eran aficionados a la fotografía. El descubrimiento temprano de las posibilidades de la cámara le hará explorar en autodidacta todos los procedimientos fotográficos, así como las técnicas de la gráfica.
En un inicio aborda el pictorialismo, influido por sus estudios de pintura en la Academia de San Carlos. Explora luego las estéticas modernas, con el descubrimiento del cubismo y las posibilidades de la abstracción. En 1930 se inicia en la fotografía documental: Tina Modotti, al ser deportada de México, le deja su trabajo en la revista Mexican Folkways. Así trabaja para los pintores muralistas: Diego Rivera, José Clemente Orozco, David Alfaro Siqueiros.
Álvarez Bravo es una figura emblemática del periodo posterior a la Revolución mexicana conocido como renacimiento mexicano. Fue aquel un periodo cuya riqueza se debe a la feliz, aunque no siempre serena, coexistencia de un afán de modernización y de la búsqueda de una identidad con raíces propias en que la arqueología, la historia y la etnología desempeñaron un papel relevante, de modo paralelo a las artes. Álvarez Bravo encarna ambas tendencias en el terreno de las artes plásticas.
De 1943 a 1959 trabaja en el cine realizando fotografías fijas, lo que lo lleva a producir algunos experimentos personales.En vida, presentó más de 150 exposiciones individuales y participó en más de 200 exposiciones colectivas. Según numerosos críticos, la obra de este "poeta de la lente" expresa la esencia de México, pero la mirada humanista que refleja su obra, las referencias estéticas, literarias y musicales que contiene, lo confieren también una dimensión universal.
Falleció el 19 de octubre de 2002, a los cien años.
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