vendredi 22 mai 2015

Jacques Hérold - Malcolm de Chazal (dessin) 1947


Malcolm de Chazal


« L'espace s'appuie sur tout et ne repose sur rien. »

« Le son était, chez les premiers hommes, marié à la vérité sous forme de son et idées correspondants. »

« Développer en l'homme un sixième sens – le sens angélique immédiat- . »

« Quand l'enfant goûte un fruit il se sent goûté par le fruit qu'il goûte... »

« Quand l'enfant regarde une fleur, il voit la fleur le regarder... »

samedi 16 mai 2015

Henri Michaux - La ralentie

Marcel van Thienen

Germaine Montero

Henri Michaux

La Ralentie (poème issu du recueil Plume, 1938)

LP BAM LD037, 1957

Le poème peut se lire ICI


Pierre Bettencourt - Portrait de
Henri Michaux, dessin 1983-1984



vendredi 1 mai 2015

Hans Bellmer : Unica 1958
















Cette série de photographies est a rapprocher du dessin intitulé  "Victime ficelée, 1956".

Elle trouverait son origine dans :

"Pour avoir des preuves objectives, on aura recours par conséquent à l'artisan criminel par la passion la plus humainement sensible et la plus belle, celle d'abolir le mur qui sépare la femme de son image. D'après le souvenir intact que nous gardons d'un certain document photographique, un homme, pour transformer sa
victime, avait étroitement ficelé ses cuisses, ses épaules, sa poitrine, d'un fil de fer serré, entrecroisé à tout hasard, provoquant des boursouflures de chair, des triangles sphériques irréguliers, allongeant des plis, des lèvres malpropres, multipliant des seins jamais vus en des emplacement inavouables."


(Hans Bellmer, "La petite anatomie de l'image")




vendredi 24 avril 2015

"M. Tatsumi Hijikata m'a invité secrètement

à un rite obscur qu'il célèbre de temps à autre...Le soir, il faudrait me maquiller avec un loup de velours et m'embaumer de parfum ensorcelant pour y assister." (Yukio Mishima)


Navel and A-Bomb (Heso to genbaku) short film directed by Eikoh Hosoe and Tatsumi Hijikata.


In Hosoe Eikoh's film Navel and A-Bomb, featuring Hijikata Tatsumi and his choreography, the (Japanese) body is connected to the bombing of Hiroshima and Nagasaki and the utter destruction of Japan. Navel and A-Bomb (1960) figures the 'birth' of a new Japanese identity in the wake of the atomic catastrophe, the subsequent defeat and occupation of Japan. 


Hosoe met Hijikata the year prior to Navel and A-Bomb. In 1959 Hijikata choreographed and performed Kinjiki (Forbidden Colors), based on the homosexual imagery found in Yukio Mishima's novel of the same name published in 1951.





"Sur la scène, tous les danseurs se contractent comme des fœtus. L'archétype de la Danse des ténèbres serait la méditation dans la matrice (...) Cette chorégraphie suggère l'attitude primaire de l'homme, dans laquelle il refuse de se soumettre à l'ordre des choses et de la vie, sans le savoir." (Yakata Hannya, romancier,1810). Cette danse cet aussi "le temps qui refuse du temps" (Shûzo Takiguchi).








  « Le Butoh est un corps mort, debout dans le désespoir…» (Hijikata) 




Hijikata Tatsumi in Nikutai no hanran
 (Rebellion of the Body, 1968) Photo by Torii Ryozen -
HoSoTan - Tatsumi Hijikata (1973)



« le son des vers à soie qui grignotent inlassablement les feuilles du mûrier font jyari-jyari-jyari ; le grincement des dents giri-giri-giri ; et 12 pendant que les vers à soie continuent leur mastication, le son est synchronisé avec celui de l’homme qui dort en grinçant des dents… tout est lié et si cela était toujours liés dans la vie, comme dans ce cas, on n’aurait peut-être pas besoin d’entraînement de danse. » (Tatsumi Hijikata)

Keiya Ouchida, Hosotan, film de 1972. Chorégraphie de Tatsumi Hijikata.
Summer Storm - Tatsumi Hijikata (1973)
« II y a un jeu de papier qu'on appelle denguri . Si l'on peut décrire
le corps, par exemple, comme ces fleurs qu'enveloppent les pétales que l'on
développe dans ce jeu, ou comme quelque chose qui est enveloppé mais qui
est aussi ce qui enveloppe, c'est que la maladie a déjà fait son nid à l'intérieur.
Ainsi ces pétales de fleurs, on peut les voir comme une peau transitoire et
leur mouvement tiendra alors sa qualité moins de son impact visuel, que
d'une sensation épidermique. Il ne s'agit pas de se mouvoir de soi-même,
mais plutôt d'exister comme du vivant qui relèverait de cet état. Car c'est
seulement dans la continuité de ce retournement, par lequel les viscères se font
peau et la peau viscères, que la reviviscence des souvenirs pourra préserver
avec la plus grande clarté leurs figures originelles. Cet état, je le nomme corps
malade. »(Tatsumi Hijikata) - [Traduction de Patrick de Vos.] 


Dreams of the dead, the sleep, the war
Dreams of the dead, the sleep, the war - Tatsumi Hijikata 
(from Summer Storm collection)



Summer Storm - Tatsumi Hijikata (1973) : iCI


« Pour ces âmes dépossédées, l'espace semble être une force qui dévore.
L'espace les poursuit, les encercle, les digère en une gigantesque phagocyt
ose (consomption de bactéries). Il finit par les remplacer. Ensuite le corps
se sépare lui-même de la pensée, l'individuel fait crisser la limite de sa peau
et occupe l'autre côté de ses sens. Il essaie de se regarder de n'importe quel
point de l'espace. Il se sent devenir lui-même l'espace, un espace obscur où
les choses ne peuvent être mises. Il est semblable, pas semblable à quelque
chose, mais tout simplement semblable. Et il invente des espaces, il est « la
possession convulsive ».
(Roger Caillois, « Mimétisme et psychasténie légendaire », dans Le Mythe et l'Homme,
Paris, 1938, p. 101-143.)

Hijikata Tatsumi to Nihonjin - Nikutai no hanran

Hijikata Tatsumi to Nihonjin - Nikutai no hanran

Hijikata Tatsumi to Nihonjin - Nikutai no hanran

Hōsōtan
Tatsumi Hijikata

Hijikata Tatsumi

lundi 13 avril 2015

ZAZ ZETOUN MIND - DEAD VOICES // MIX 2015 // 01





Sounds : Zaz Zetoun Mind 

Voices : Joyce Mansour, Den Grona Fë 23, Olympia, Dora Providence, DeadEndStation Ghost Voices, MEEE, MLDLC 23 Voice...


samedi 4 avril 2015

René Daumal - Le velours sans fond du dernier soleil

aspire les éclats mourants des yeux
qui tournent de lourde ivresse.
Les derniers rideaux du sommeil
ondulent au bruit sourd des coups du sang
dans les membres creux des statues.
Une lie lumineuse en flaques
coule dans le tumulte désespéré
des voix qui se veulent éternelles.
Le jeu sans fin des trappes et des rideaux
où le rêve se complique
d’anguilles, de mollusques,
et d’idoles aux bras innombrables,
dissipe en brouillard les regards
qui s’essaient à vivre,
les cadavres d’espoir à la dérive
réclament l’éternelle naissance
d’un perpétuel meurtrier.

[extrait de « Le Contre-Ciel » (premier état) 1936]

 L’Arrivée du grand crétiniseur - dessin de René Daumal

René Daumal  - Apparition du grand thaumaturge
apres 70 jours de cuisson du chaudron magique.

Akenatatomburisigui
lecture extraits retour à soi Daumal lit René  



Josef Sima, Portrait de René Daumal, huile sur toile, 1929.

samedi 14 mars 2015

Krishnamurti, extrait du « Dernier journal »

Krisnamurti sous le cèdre de Brockwood,
octobre 1984
Vendredi 11 mars 1983

[…] Nous avons scindé la terre comme si elle nous appartenait - votre pays, le mien, votre drapeau, son drapeau, la religion d'ici et celle de l'autre, là-bas. Le monde, la terre est divisée, en morceaux. Nous nous battons et disputons pour la possession, et les politiciens exultent de pouvoir maintenir cette division, sans jamais considérer le monde comme un tout. Ils n'ont pas l'esprit global. Jamais ils ne ressentent ni ne perçoivent l'immense potentiel de n'avoir pas de nationalité ni de division. Ils ne s'aperçoivent jamais de la laideur de leur pouvoir, de leur position, de leur sentiment de supériorité. Ils sont comme vous et moi, mais ils occupent le siège du pouvoir avec toute la mesquinerie de leurs désirs et de leurs ambitions. Ainsi, ils assurent la survivance d'un comportement « tribal » que l'homme a toujours eu à l'égard de l'existence. Ils n'ont pas l'esprit libre de tout idéal ou idéologie, l'esprit qui dépasse les divisions entre les races, les cultures et les religions que l'homme a inventées. Les gouvernements seront nécessaires tant que l'homme ne sera pas sa propre lumière, tant qu'il ne mettra pas de l'ordre et de l'affection dans sa vie quotidienne, et qu'il ne portera pas un soin attentif à son travail, à ses observations, à son apprentissage. Il préfère être dirigé dans ses actes, comme il l'a été depuis toujours, par les anciens, les prêtres, les gourous. Et il accepte les ordres de ceux-ci, leurs curieuses pratiques destructrices, comme s'ils étaient des dieux incarnés, comme s'ils connaissaient toutes les conséquences de cette vie si extraordinairement complexe.
Au-dessus des cimes des arbres, du haut de ce rocher qui a un son propre comme tous les êtres de la terre, on se demande combien de temps il faudra à l'homme pour apprendre à vivre sans querelles ni combats, sans guerres et sans conflits. L'homme a créé le conflit par sa division linguistique, culturelle et superficielle du monde. L'être humain a évolué pendant des siècles de souffrance et de chagrin, de plaisir et de crainte, combien mettra-t-il pour trouver une autre façon de vivre ? […]


(Extrait du « Dernier journal » de Krishnamurti , Éditions du Rocher, 1993)


Livre Audio : Dernier Journal par Jiddu Krishnamurti

Dernier journal Le journal que publia Krishnamurti en 1982 est l'une de ses œuvres les plus connues du grand public. La dernière partie, présentée ici pour la première fois, a été enregistrée à Pine Cottage, sa maison de Californie. L'essentiel de sa philosophie se trouve dans ce recueil.Il introduit parfois un visiteur imaginaire ou un étudiant dont les questions vont lui permettre de préciser sa pensée et de prévenir nos objections. Convaincu que la plupart des maux graves dont souffre l'homme naissent de son égocentrisme, du moi et de son besoin d'affirmer d'hypothétiques différences, Krishnamurti montre la voie de la sérénité : un esprit, une conscience globale sont nécessaires pour comprendre que nous sommes, chacun, l'humanité entière. "Le monde est malade ", et tout homme en est responsable. L'auteur aborde les thèmes qui lui sont chers : les vertus du doute et la liberté de l'esprit, les rapports de la pensée et du temps, la méditation, l'intelligence de l'amour... En poète, en marcheur infatigable, il livre les réflexions apaisantes que lui inspire l'observation de la nature, préparant le lecteur à s'accorder intuitivement à l'enseignement qui les prolonge. Deux ans plus tard, Krishnamurti s'éteignait à Pine Cottage.


jeudi 5 mars 2015

Laure (Colette Peignot), extraits de « Fragments »

LAURE (Colette Peignot) -
« Jamais personne ne me parut comme elle
 intraitable et pure, ni plus décidément
 souveraine. » Georges Bataille
« … Suivre le mal jusqu'à la racine
demeurer en face de la plaie
la regarder – y mettre les doigts.

La vigueur d'une nature s'affirme dans la possibilité de
temporiser
Prendre acte d'une situation donnée et puis agir « à longue portée »
Calmement
pas par à-coups
ou réactions « hystériques »

Où est l'accord profond entre soi-même et tous les instants de
la vie ?
Fausseté des rapports soi-disant « animaux »
Accord entre soi-même et le moindre des actes ou paroles
Être non conforme
Spontanément...naturellement
force naturelle comme une force de la nature

La Corde sensible
maternelle = hypocrisie
Jusqu'au bout et constamment ?
réponse : la mort
Échapper dans la négation de soi : volonté d'abaissement.
Psychologie des petits faits quotidiens qui engloutissent une existence. (...) »


(Laure, extraits de « Fragments » in  « Ecrits de Laure »- ed. J.J.Pauvert 1985 )

Laure (Colette Peignot)

samedi 14 février 2015