jeudi 22 janvier 2015

« Regarde, la beauté malsaine de la nuit

la masse sombre des prisons,
et sur les vieilles maisons
le calvaire ruisselant de la pluie,
la nuit, au long de vos rues
où l'on bâille d'ennui,
quand le vent souffle les lanternes
qui font dans l'eau des lueurs ternes
ridées ! »
« La Nuit, de peur, de vent,
la Nuit où il y a en a qu'on tue,
entends gronder, gueuler, celui qu'on saigne
au coin de la rue
noire poésie
que le colleur d'affiche, Marie
soit avec toi, éternellement maudit.
Tu ne la vois donc pas, la nuit,
la nuit des lunes biscornues,
des toitures de zinc cornues
si poétiques -
des bec de gaz en nickel élastique
et des nuées en colle de pâte comprimée,
la nuit canaille des barrières
et des chantiers de ciment armé.
Je suis rôdeur bredouillant des vieilles rues.
Ne charrie pas les semelles qui balbutient
le long des rues qu'on suit la nuit.
                          La nuit
A l'aube de sang des minuits
la nuit des mômes et des apaches
et sur les ponts, couleur de suie
les ponts de fer couleur de suie
sous la suie de couleur de pont
et l'eau de plomb
que l'arche crache
l'eau froide comme un grand miroir
l'eau de moire
et sa tentation.... »


(Extrait de "Dora Providence et autres insaisissables personnages" de Jean Duperray c. 1951)

dimanche 21 décembre 2014

ITHELL COLQUHOUN

Ithell Colquhoun, 1985 photo by Alastair Thain
Ithell Colquhoun, peintre et écrivain anglais. Née en 1906 en Assam, Inde. Elle suivit les cours du Chelteham College et de la Slade School of Art, mais pour une large part elle est autodidacte. Après avoir rejoint le groupe surréaliste anglais en 1939 et participé à une exposition sur l'Art Vivant en Angleterre, elle apporta également sa participacion au London Bulletin, mais refusa en 1940 de renoncer aux travaux qu'elle avait entrepris sur l'occultisme et quitta le groupe. Elle pratiqua l'automatisme, la décalcomanie, le fumage, le frottage et le collage, et publia les résultats de ses recherches dans « La Tacha Mantique » (Enquiry, 1949). Sa première exposition personnelle se tint à la Cheltenham Municipal Gallery en 1936. Après cette date, il faut signaler, entres autres, l'exposition rétrospective qui eut lieu en 1976 à la Newlyn Orion Galleries, en Cornouailles. Elle est aussi l'auteur d'un texte surréaliste influencé par l'occultisme, intitulé L'Oie d'Hermogène le magicien, publié en 1961 par Peter Owen Ltd. , de récits de voyages sur la Cornouailles et l'Irlande, et de plusieurs recueils de poésie. Colquhoun mourut le 11 avril 1988 en Cornouailles, où elle avait passé la plus grande partie de sa vie.


Ithell Colquhoun, 1932 by Man Ray
Biography of ITHELL COLQUHOUN

Ithell Colquhoun was born in Assam, India. She studied at Cheltenham Ladies College in 1919 and in 1926 at the Cheltenham School of Arts and Crafts. In 1927, she went to London and studied at the Slade, and in 1929 was awarded first prize for Judith Showing the Head of Holofernes. In 1931 she made her first visit to Paris and experienced the work of the Surrealists, in particular that of Salvador Dali. Her first solo exhibitions were in 1936, in London and Cheltenham. The shows consisted of paintings of plants and flowers, in a Daliesque Magic Realism style. She continued to exhibit and write poetry, before moving permanently to Paul, near Penzance in Cornwall. A retrospective of her work was held in 1972 at the Exeter City Art Gallery, and a second was held at the Newlyn Orion Gallery in Penzance in 1976. In 1977, an exhibition was held of her designs for Tarot cards.


Les tableaux d'Ithell Colquhoun sont souvent comme une parodie de l'obsession surréaliste pour l'image érotique du corps féminin. Ils suggèrent une réfutation ironique de l'opération métaphorique qui est au centre de la théorie surréaliste. Dans Gouffres amers, la mort ne conduit qu'à la décomposition. Quand à l'intérêt des surréalistes pour l'androgyne primordial, il trouve dans La Famille du Pin son expression parodique la plus sinistre.

Ithell Colquhoun, Gouffres Amers, 1939

Ithell Colquhoun,  La Famille du Pin 1941


« Comme j'escaladais les pentes rocheuses d'une vallée, je tombais sur une large crevasse qui semblait s'enfoncer vers le centre de la terre. Je regardais à l'intérieur et découvris que tout au fond, très loin, il n'y avait que de l'eau. J'entrepris de descendre dans cette crevasse, m'appuyant parfois sur une sorte de rampe naturelle, mettant le pied à d'autres moments sur une marche à peine dégrossie que les surfaces inégales m'offraient. Cette descente était d'autant moins aisée que les rochers étaient recouverts d'une couche humide et verte tachetée ça et là d'une sorte de végétation visqueuse de la couleur du vin.
J'avais maintenant atteint des profondeurs vertigineuses. Si je regardais vers le haut, les murs se dressaient au-dessus de moi comme ceux d'un puits humide et froid. Si je regardais vers le bas, je pouvais voir une grotte remplie d'eau ayant la couleur de la chrysolithe, tantôt illuminée par une source lumineuse cachée, tantôt obscurcie par l'ombre que jetait sur elle une roche en saillie... » 
 (Publié dans New Road, 1943).



A snap of St. Elmo a painting by Ithell Colquhoun

Gorgon., 1946

A Visitation, 1944


Voir aussi : Ithell Colquhoun, Surrealism and the Occult

Ithell Colquhoun, Alchemical Figure Androgyne,
1941, watercolour, 37.3 x 23.3 cm.

Ithell Colquhoun, Diagrams of Love
Christian Marriage II,
c. 1940-42, watercolour, 27.2 x 17.7 cm.


Automatic drawing
Autumnal Equinox, 1949
Dark Fire, 1980


Green Figure with Wings – watercolour – 1971

 Ithell Colquhoun’s 1970s tarot card designs.

Ithell Colquhoun -
Dreaming Leaps Sonia Araquistian, 1945.
Ithell Colquhoun, Scylla, 1938

Judith with the Head of Holofernes, 1929

Potentate II, 1963

Scene from Marlowe's 'Dr Faustus' 1933

Self-portrait (1933) by British painter
Ithell Colquhoun (1906-1988).

Ithell Colquhoun — Wikipédia

mercredi 10 décembre 2014

COSEY FANNI TUTTI ... Muzik, interview and mix...


The sound of Cosey playing. The grande dame of British electronic music talks about her art, generation and nude provocation.



Chris Carter and Cosey Fanni Tutti in the Studio



Action’ three day performance at Hayward Gallery, London, 1979


Action’ three day performance at Hayward Gallery, London, 1979




Coum Transmissions
Cease to Exist no. 4 at Laice, USA, (1976) by Cosey Fanni Tutti and Genesis P-Orridge.

Cosey pic from the TG 24 hour set





mardi 2 décembre 2014

Diamanda Galás at Emanuel Vigeland Museum


Live performance at Emanuel Vigeland Museum in Oslo, Norway. 15. September 2012. 
This rehersal of Espergesia was performed in the resonant Mausoleum which has a 20 second delay. Special thanks also to Stephanie Loveless. 
Words by Cesar Vallejo. Composed/sung by Diamanda Galás.
Produced by Ny Musikk and Ultima Oslo Contemporary Music Festival.


Diamanda Galás at Emanuel Vigeland Museum from nyMusikk on Vimeo.

mercredi 26 novembre 2014

Joë Bousquet – Blanche par amour

Transparente un regard l’efface une larme la contient. Elle se montre le soir l’embrasse sans la voir il a le poids de ses paupières.
Dans la chambre Louis XVI que la pupille a tricotée blanche et plus haute que le naufrage les mers affleurent à la coupure des miroirs un voilier les unit dans la peur d’une abeille.
Le bois des panneaux frise et fleurit s’ovalise la reflète sans toucher les bords des jardins qu’elle éclot.
Si petite et tirant et tirant le fil d’un panier à ouvrage plus grand que la maison.
C’est ta pupille. Sa chair d’avant le sang s’est fermée hors du soir. Le beau temps tremble sur elle où ton regard répand qu’il ne fait noir qu’en tes eaux close. De la pluie aux moissons tout ce qui la respire illimite ta peur de la nuit que tu es.
Dans les ténèbres issues du temps cours jusqu’à l’effleurer comme sur l’herbe folle de la nuit incomparable. Franchis l’ombre qui est ton ombre. Où ta pupille rit c’est le printemps elle s'incline et tu es le nid d’une hirondelle qui l’entrouvre. Un soc s’est aiguisé à la lumière que tu sèmes et il te viole avec tes yeux.
Amande glacée d’une enfance où la nuit détale comme un chat noir.
Offrant ta chair en partage à sa pâleur que l’ombre coupe elle égoutte son surnom sur un gâteau de roi où dure elle est entrée avec les dimensions d’une fève
aile du noir Pupille de la nuit vorace la Blanche par amour comme l’herbe au vent et la mer fleurie est la seule semaille qui ne noircisse pas au soleil.

(Extrait d'une lettre de Joë Bousquet adressée à Hans Bellmer le mardi 12 septembre 1945)

Joe BOUSQUET ou le mouvement paradoxal

Bien que paralysé, le poète carcassonnais Joë BOUSQUET fut une des plus importantes "boîtes aux lettres" de la Résistance. A la manière d'une fiction, mais aussi à partir de documents d'archives, ce portrait reconstitue la vie de cet homme, qui a sauvé des dizaines de juifs et de résistants sans quitter sa chambre.Des photos le montrent dans son enfance, en militaire, dans son fauteuil roulant et à différentes époques de sa vie.Un comédien dans un lit entouré de livres fume de l'opium pendant que sa soeur Henriette lui apporte des fleurs blanches. Des documents d'archives sur l'écrasement de la République espagnole et sur l'Occupation allemande illustrent les prises de position de l'écrivain sur ces événements. La fin du sujet éclaire le rôle qu'a joué Joe BOUSQUET dans la Résistance. Une voix off lit des textes de ce poète un peu marginal.

samedi 15 novembre 2014

José Val del Omar - Acariño galaico (De barro) (1961)

Dirección, guión, fotografía y montaje: José Val del Omar.
Ayudante de dirección: Anric Massó.
Sonido: Grabaciones de José Val del Omar.
Actor-escultor: Arturo Baltar.
Reconstrucción y recuperación: Filmoteca de Andalucía.
Investigación y realización: Javier Codesal.
Ayudante: Ascensión Aranda.
Producción y coordinación: Rafael R. Tranche.

Este film fue reconstruido y completado en 1995 por Javier Codesal, para la Filmoteca de Andalucía, a partir del montaje y la sonorización que Val del Omar había perfilado antes de su muerte.




«Vinimos por el agua – nos hicieron de barro.
El fuego de la vida – nos va secando.
Pasamos la pasión – que nos consume la savia – de la risa y el llanto.
Y al final quedamos – sin gesto – aprisionados.»

José Val del Omar












dimanche 2 novembre 2014

Roger Caillois - "Le monde a commencé avec les pierres..."


« De tout temps, on a recherché non seulement les pierres précieuses, mais aussi les
pierres curieuses, celles qui attirent l'attention par quelque anomalie de leur forme ou
par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur. Presque toujours, il s'agit
d'une ressemblance inattendue, improbable et pourtant naturelle, qui provoque la
fascination. De toute façon, les pierres possèdent on ne sait quoi de grave, de fixe et
d'extrême, d'impérissable ou de déjà péri. Elles séduisent par une beauté propre,
infaillible, immédiate, qui ne doit de compte à personne. »





Rencontre avec Roger CAILLOIS au sujet de sa passion pour les pierres. L'écrivain explique que les hommes se sont toujours intéressés aux pierres. Au moins depuis les Grecs et l'agate de Pyrrhus. Il évoque certains minéraux dans lesquels se voient des paysages tandis que des vertus sont prêtées à d'autres. Il donne des exemples. Il explique combien la structure minérale peut ressembler à la peinture abstraite et les diverses formes qu'une pierre peut prendre. Il parle des pierres de rêves chinoises, de la fragilité de certaines autres. Le monde a commencé avec les pierres dit-il et il fait part des émotions que l'observation de certaines pierres lui procure. Roger CAILLOIS cite un poète chinois qui, face à une pierre, a écrit "avoir fait une randonnée mystique". Pour l'écrivain, la contemplation des pierres l'aide à sortir du quotidien de la vie.L'interview de Roger CAILLOIS alterne avec des images de pierres diverses appartenant à la collection de l'écrivain et des bancs-titres de dessins.








jeudi 23 octobre 2014

Ammonites et autres constellations fossiles...

Le fossile renferme le cycle entier de la création, de la destruction et de la renaissance. Pour moi, les fossiles contiennent tout le mystère, la puissance et l’indestructibilité de la vie.
 André Breton