mercredi 30 décembre 2009

L'EAU, LA SCIENCE ET L'ANIMISME

- Témoignage sur un culte de l'eau dans les Andes
Par Stanislas De Lafon

N'en déplaise aux esprits cartésiens, les sciences ne sont pas les uniques sources de savoir sur la vie, et l'humanité dans sa diversité a depuis des temps immémoriaux expérimenté de nombreux chemins de connaissance : La connaissance empirique est tout aussi valide que l'expérience scientifique...prétendre le contraire reviendrait simplement à dire que les connaissances humaines accumulées en dehors des frontières temporelles du monde moderne ne seraient que des constructions gratuites d'une humanité encore ignorante; pire encore, cela serait comme considérer que tout peuple fondant sa vision du monde sur des sources de connaissances autres que scientifiques se trouverait forcément sous l'emprise d'une forme de superstition; c'est pourtant bien là ce qui se passe : alors que le monde moderne prétend vouloir valoriser les peuples dits «premiers» l'intérêt pour ceux-ci se cantonnent le plus souvent à des études anthropologiques qui n'ont en définitive pas d'autres buts que de satisfaire une curiosité purement intellectuelle sans que cela ne remette en question notre propre vision du monde et moins encore nos modes de vie. Les études anthropologiques ne sortent guère des universités qui deviennent ainsi des musées, des lieux d'archivage de la pensée (tout au moins dans les pays de l'hémisphère nord). Pour certains peuples, les humains et les éléments naturels seraient intimement liés et ces liens iraient bien au-delà de simples échanges physicochimiques. Ainsi les populations autochtones de la cordillère des Andes affirment communiquer avec les éléments au moyen de rituels dont les origines remontent sans doute à des millénaires. C'était le début du mois d'octobre et tout autour d'un village perché en nid d'aigle ondulaient les masses énormes de montagnes pelées et complètement jaunies par les longs mois de la saison sèche qui n'allait plus tarder à s'achever; c'est en tout cas ce qu'espéraient les villageois. Ce paysage vaste et poignant renforçait l'impression d'isolement dans lequel ce village se trouvait déjà. Place déserte, ruelles silencieuses où l'on ne croisait que de rares passants...le village semblait assoupi sous le soleil et le bleu dense du ciel; rien ne laissait présager que ce coin isolé des Andes allait très bientôt être le théâtre d'un rite parmi les plus beaux qu'il m'avait jusqu'alors été donné de connaître dans mes pérégrinations à travers le Pérou : la Yakuraymi ou traduit littéralement la «fête de l'eau». Pendant une semaine entière les paysans de la communauté de San Pedro allaient être complètement tournés vers cet élément, chaque heure et chaque jour ponctués par des chants dédiés à l'eau mère selon certains villageois ou à l'eau père pour d'autres. Cette ferveur joyeuse me fera mesurer une fois de plus les décalages profonds qu'il y a entre les peuples occidentaux et ces sociétés dites «archaïques» alors même que beaucoup de celles-ci ont pourtant déjà un pied dans l'économie du monde dit «moderne». Encore une fois, je réalisais là, combien l'homme moderne a perdu de vue la dimension sacrée de la vie. Fasciné par les technologies en perpétuel renouvellement, conditionné et aliéné par ses modes de vie aux rythmes frénétiques, détourné de lui-même par sa «culture» de la consommation il a laissé s'éteindre en lui l'intuition de la dimension surnaturelle qui enveloppe et pénètre l'ensemble du monde vivant. Ses dieux sont désormais l'argent et la science et celle-ci détermine pour lui non seulement les horizons mais aussi les frontières de sa pensée (quant à la pensée dite «métaphysique», en-a-t-il seulement encore une ?). Ce matin-là les autorités de la communauté, assises le long d'un mur et faisant face à l'assemblée des villageois, avaient commencé par annoncer à tous le déroulement de la semaine de festivités qui consistera surtout en des tâches collectives de nettoyage des canaux qui irriguent les champs; enfin arriva le moment où un homme âgé, mais d'allure vigoureuse, qui semblait être l'autorité principale de la communauté prononça un discours lors duquel il rappela à l'assistance le sens profond de la Yakuraymi, mot quechua qui signifie «fête de l'eau». Le véritable début des festivités fut quand les paysans formèrent spontanément des rondes entonnant des chants dédiés à l'eau puis, peu à peu, par petits groupes, les villageois prirent le chemin de la montagne. Un peu au-dessus du village, les villageois se rassemblent petit à petit proche d'un point où convergent des canaux d'irrigation. A cet endroit un homme orné d'un tissage bariolé noué en travers du torse vient de planter une croix de bois...certes les paysans des Andes ont été christianisés depuis des siècles mais en ce lieu précis resurgit soudainement à travers ce rituel une énigmatique divinité préhispanique, une « huaca »dite des six pouvoirs que vénéraient leurs ancêtres. Une sorte de clarinette enchaîne sans aucune trêve des mélodies lancinantes alors que les autorités désignées le matin même pour veiller au bon déroulement de ces festivités vérifient que chacun porte sur soi sa poche de feuilles de coca et les cigarettes indispensables pour les offrandes qui seront faites à l'esprit de l'eau. Une petite poignée d'hommes et de femmes forment un cercle pour entonner un chant : c'est le signal du début des travaux; les hommes d'un côté et les femmes d'un autre montent alors par petits groupes vers les secteurs qui leur ont été donnés à nettoyer...De loin en loin me parviennent des échos de ces chants invoquant l'eau que les comuneros continuent à chanter à tue-tête sur les chemins. Tout au long de la journée les autorités circuleront de groupes en groupes pour contrôler la bonne marche des travaux; ceux-ci seront quand même ponctués de courtes pauses lorsque des femmes passeront dans les groupes pour servir chicha et repas. En toile de fond résonneront régulièrement ces chants aussi doux qu'obsessionnels grâce auxquels l'eau pourra s'écouler abondante et dans la fluidité; car les indiens des Andes considèrent que la bonne marche de la nature ne va pas toujours de soi et dépend d'équilibres cosmiques dont il est essentiel que l'être humain prenne soin : en cela le chant et la danse vécus dans un esprit d'offrande créent ainsi un lien vivifiant avec les mondes surnaturels et facilitent la circulation de l'énergie vitale dans le monde physique. Le second jour sera achevé le nettoyage des canaux qui se sera déroulé comme la veille avec ardeur et dans une humeur toujours joyeuse. Le soir venu le rassemblement de la communauté donnera lieu à de nombreuses palabres lors desquelles les autorités feront quelques remarques et critiques sur les travaux et devront à leur tour en recevoir des comuneros sur leur façon de conduire les opérations. Mais en fin de compte tout le monde semble satisfait : les « acequias » sont désormais vierges des terres, des boues et des pierres que les forces destructrices de la nature y avaient déversées. Le mercredi, tôt le matin, les autorités de la communauté montent à cheval jusqu'à une prise d'eau où se trouvent déjà des gens du village en train de faire des offrandes de feuilles de coca à la source. Deux hommes s'éloignent hâtivement suivis d'un troisième qui s'avère être le guérisseur de la communauté, « el cura » -comme le nomment les villageois- et disparaissent à quelques dizaines de mètres au-dessus de nous...personne ne doit les suivre car ce sont eux qui vont libérer les eaux de la source selon un rite qui doit rester secret. Plus bas, un vieil homme les épaules couvertes d'un tissage multicolore fouette vigoureusement le lit du canal en poussant des grognements rageurs; une vieille femme se tient sur le bord du canal entonnant un chant qu'elle accompagne elle-même en battant d'une main sur une tinya : tout est mis en oeuvre pour stimuler l'esprit de l'eau et en cela la musique et la danse sont essentielles. Les villageois présents ont maintenant tous le regard tendu vers l'amont du canal; les clarinettes sonnent soudainement avec une intensité inhabituelle...Tout à coup, en amont de l'acequia surgissent les autorités sur leurs chevaux; elles accompagnent l'eau dans sa course...des exclamations pleines d'enthousiasme les accueillent et le vieil homme au fouet redouble d'énergie dans ses coups comme pour mieux frayer un chemin à l'eau dont le flot le baigne maintenant jusqu'aux genoux. Le lendemain les eaux seront détournées vers des bassins où son arrivée sera fêtée avec allégresse par l'ensemble des villageois; sur une roche sacrée située à proximité du bassin inférieur est alors amenée et placée une croix de couleur verte; il s'agit bien de la croix chrétienne mais dans sa version andine, et sa couleur verte est là en rappel du symbole cosmique majeur de la pensée andine : la constellation de la croix du sud qui protègera elle aussi les bassins et leurs eaux. C'est maintenant la mi-journée et chaque famille de la communauté apporte des plats qui vont être partagés entre tous comme marque de la réciprocité toujours en vigueur parmi les paysans des Andes. La dernière étape de ce rituel devant favoriser le retour prochain de la saison des pluies est constituée par des courses de chevaux très périlleuses au cours desquelles, deux par deux, les cavaliers vont dévaler à tombeau ouvert un chemin étroit. Cette course à une fonction bien précise : celle de stimuler le bon écoulement de l'eau dans les acequias en la figurant par la course des chevaux. Les vainqueurs sont célébrés comme des héros; un défilé bariolé serpente sur le chemin qui descend vers le village, les chants s'élèvent le long des versants jaunis par la sècheresse; laissant passer le long cortège des campesinos en liesse je tourne mon regard vers les hauts sommets qui dominent à l'est le village : des nuages sombres se sont amoncelés autour des cimes ... Quelques mètres en-dessous de moi une ronde s'est formée; auréolée dans la lumière dorée de cette fin d'après-midi, un drapeau au couleur de l'arc-en-ciel se balance comme un présage des pluies bienfaitrices à venir; depuis le cercle des campesinos un chant s'élève, émouvant, afin de célébrer cette nouvelle union du ciel et de la terre que vient de sceller la Yakumama : la mère de l'eau... On pourrait croire que rien ne saurait échapper à la curiosité et à la sagacité de l'esprit scientifique : son pouvoir scrutateur aujourd'hui amplifié par des moyens techniques de plus en plus impressionnants met au grand jour des fonctionnements jusqu'alors insoupçonnables de la matière et, de fait, nombreuses sont les découvertes qui ont eu des répercussions bénéfiques pour la vie humaine en particulier dans le domaine médical. Ainsi en est-on arrivé assez vite à ériger la science en religion incontestable et gare aux chercheurs scientifiques intrépides qui oseraient s'aventurer dans des régions inconnues du vivant sur lesquelles les sciences n'ont plus de moyens de mesure, de quantification, d'analyse, c'est-à-dire plus aucune prise sur la matière...Pour ces chercheurs sans tabous la mise à l'index n'est jamais bien loin...De cela quelques scientifiques ont déjà fait la dure expérience : Ce fut le cas, parmi d'autres, d'un groupe de biologistes français lorsqu'à la suite d'expériences réalisées sur l'eau dans les années 1980, il fut observé que cet élément naturel est capable de mémoriser et de véhiculer les qualités de substances avec lesquelles elle a été mise en contact. A la suite de ces affirmations un éminent immunologiste, Jacques Benveniste, jusque là considéré comme «nobelisable», devint du jour au lendemain un «hérétique» aux yeux de la communauté scientifique. On le voit, les attitudes sectaires ne sont donc pas l'apanage du seul monde religieux et les milieux scientifiques savent à l'occasion se montrer eux aussi très dogmatiques (ils devraient pourtant se rappeler que leur fonction est de chercher et non de pontifier)... Dans les Andes péruviennes une tradition veut que lorsqu'un musicien vient de faire l'acquisition d'un nouvel instrument il aille le déposer auprès d'une source ; là l'instrument devra demeurer seul une nuit entière afin de s'imprégner du chant de l'eau et parfaire ainsi sa musicalité. C'est comme cela que les indiens procèdent en particulier avec le charango, une sorte de minuscule guitare dont le son cristallin évoque le bruit d'un ruisseau...D'ailleurs pour souligner son affinité avec l'esprit féminin de l'eau les luthiers andins donnent parfois une forme de sirène aux charangos.


© Texte et dessin Stanislas De Lafon

mercredi 23 décembre 2009

PASSAGES ou LE CANARI MINERAL PICORE LE COEUR DE LA NUIT

Tout se passe comme s'il y avait une réticence à nommer
ses traits de personnalités.
La morale de tous ces corps livrés au public,
La découvertes du monde des portes,
La visibilité et les circonstances
contribuent à nous expliquer l'importance des correspondances
entre «les causes» désordonnées
où l'on retrouve un mythe et le terme "invertébré"
dans la mise en scène du corps  modifié.
Là encore se noue la question de l’émergence du corps
entre l'alcoolisation et la dégradation de la vie érotique.
Au vu de ces dérives,
trouver dans cet univers décrépît de béton triste
le terreau fertile à l’exploration de ses
cult-addicts à la recherche d’effets gore outranciers
en montrant des figures d’écolières évoluant de nuit
dans un bain d’acide.
Prescriptions secrètes pour la chambre à coucher,
exploration des mystères de l'impératrice,
la lèvre inférieure est le phallus,
bien qu’il soit essentiellement fondé de pouvoir.
Une satisfaction importante aux odeurs de ses excrétions,
le printemps en origami,
mai plié en calanques osseuses.
Le coeur n'y est pas
et le mot d’ordre semble être
une parabole sur la liberté individuelle
et sur notre monde plein de mensonges,
où le bogue devient un peuple en mal divin
s’ouvrant un passage dans les os de la mer...



mardi 15 décembre 2009

HELL ACIMOY (un hommage)

 Sidérurgie végétale en catacombes de pixels.
Vaudou des Carpates aux virtuels sacrifices
comme un lancé de cicatrices à la rétine du vide.
Les fleurs carnivores en reflet
d'un cerveau aux senteurs vulvées.
L'os ne siffle plus que dans la mémoire
des bronchioles atrophiées.
C'est la condition en destination.
La mort
est aussi importante
que la varappe pour le lézard ou la fourmi.
Les pensées bouillonnent ?
Forgent ?
Une coulée de présent durcit sous le crâne.
Quelle est la couleur de ce vertige ?
Des litanies de l'ouïe, de ses invocations,
les transmuer en bruissements forestiers;
couinements de cristaux,
les élémentaux s'affolent !
Un rire céleste s'empare de l'épinière moelle
en frisson revigorant !
Sentir passer le temps
vous procure t-il des picotements dans les yeux ?
Des éternuements ?
Un oubli de soi
dans sa langue originale ?
- Marqué aux fers des égouts -
Un râle dans la nuit urbaine,
la pensée de cerfs en rut au fond des bois,
vomir les restes du chat;
les allergies au silence entonnent un chant
en dame de cœur !
Les sangs en éruption réchauffent
les courants d'air.
L'inversion est un leurre
comme ce destin marqué du signe du scorpion
ou de la salamandre.
En écho lointain, en rappel
l'orchestre joue
une fantaisie capillaire en dos scoliosé,
en mie de pain, en raie du cul...
Nous n'irons plus aux lois, ne rendrons plus la foi,
nous ne l'avons jamais eue.
Avoir, être
aimé,
le beau mirage
tatoué.




© Photo Hell Acimoy
http://www.myspace.com/hellacimoy

mardi 8 décembre 2009

LE NÉANT EST EN CRUE



















Rivages de la note noire
la distance est un poème
envoyé par la providence
haute-prêtresse
en ces lieux
qui n'en sont pas.
L'enfer incarné
invente de nouvelles senteurs
- rire désespoir -
- ronce carnassière -
Aux nonnes couleurs d'ozone
le tocsin sculpte le printemps
en bas-relief.
Kali
Lilith démultipliées
le rhizome en scarification.
Reliquaire fossile
pour un cerveau en hiver.
L'été en bouche à verbe
endécembre le suicide
en idée fixe.
L'ouïe perds ses feuilles
l'automne n'y est pour rien.

dimanche 6 décembre 2009

ALEJANDRA PIZARNIK

Alejandra Pizarnik (Buenos Aires, Argentine le 29 avril 1936 – Buenos Aires, le 25 septembre 1972)

La poétesse argentine Alejandra Pizarnik est née à Buenos Aires le 29 avril 1936 au sein d’une famille d'immigrants juifs d'Europe Centrale. Après avoir passé son baccalauréat à Avellaneda, Argentine, elle est admise en 1954 à la faculté de philosophie de l'Université de Buenos Aires. Elle abandonne ce cursus pour suivre une formation littéraire avant d'intégrer la faculté de Journalisme. Finalement, afin de trouver sa vraie voie et sans avoir achevé aucune des formations qu'elle avait entreprises, elle travaille dans l'atelier de peinture de Juan Batlle Planas.

Entre 1960 et 1964, elle séjourne à Paris où elle travaille comme pigiste pour le journal Cuadernos para la liberacion de la culture. Durant cette période, elle participe à la vie littéraire parisienne, ce qui la conduit à multiplier les rencontres d'écrivains et à se lier d'amitié avec André Pieyre de Mandiargues, Octavio Paz, Julio Cortazar et Rosa Chancel. Au cours de son séjour à Paris, elle suit également des cours à la Sorbonne. Durant les années suivantes, après être rentrée en Argentine, elle publie à Buenos Aires ses ouvrages les plus importants . En 1968, elle obtient une bourse Guggenheim et fait un bref séjour à New York et à Paris. Après deux tentatives de suicide en 1970 et 1972, elle passe les cinq derniers mois de sa vie dans l'hôpital psychiatrique "Pirovano" de Buenos Aires. Elle se donne la mort le 25 septembre 1972, à l'âge de 36 ans.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alejandra_Pizarnik

Alejandra Pizarnik es una importante poeta de la literatura argentina. Autora de obras como "Árbol de Diana" (1962), "Los trabajos y las noches" (1965) y "El infierno musical" (1971), es además una personalidad donde se funden vida y obra.


ALEJANDRA PIZARNIK: UNA VOZ
"Cuando me muera muy pronto, si alguna vez muero, no recordarán el olor a tristeza del río, no recordarán el gusto del vino atado a la lengua, no recordarán el color de la noche en los ojos de los ahogados sino que recordarán mi voz, mis palabras que flotan como máscaras, como cáscaras vacías que nunca contuvieron nada, y recordarán mis ojos verdes que pagaron al amor el mas alto tributo y recordarán mi nombre que significó mucho para quien lo llevó como un arma en la noche de los grandes reconocimientos y del dolor sin desenlace"

Diarios AP





LA ULTIMA INOCENCIA-- montse LLEIXA- video arte- alejandra PIZARNIK



Partir
en cuerpo y alma
partir.

Partir
deshacerse de las miradas
piedras opresoras
que duermen en la garganta.

He de partir
no más inercia bajo el sol
no más sangre anonadada
no más fila para morir.

He de partir
Pero arremete ¡viajera!


http://amediavoz.com/pizarnik.htm

jeudi 3 décembre 2009

Iso

Film expérimental insonore ( 5m.58s.) dédié à
Georges Bataille réalisé en 2005 par Johanna Di Dio
et Gaël Guillouet.


mardi 1 décembre 2009

THE HANGED MAN

Collage de Zaz Zetoun Mind
augmenté d'un texte d'Elisabeth Vaury



De généreuses félines  aux aboiements lubriques
Offrent leur cellulite et leurs nichons blafards
A de quelconques fouines qui se prennent pour des génies


Projection primitive d'un logiciel sans fin
En attendant la fleur féline aux yeux mouillés de chrome
Sous le plumage poisseux des regards clandestins
Rivés sur le cockpit de leurs  vaisseaux fantômes

 Ils se vautrent dans l'algèbre des mélancolies
Traînant leurs métastases de rêve karchérisé
Entre les draps poisseux des siècles d'insomnie
Ça sent la vieille guenille

Dans ce chagrin des glandes qu'on appelle l'amour
Où les noirs funambules du vieux cirque barbare

Moi je me  pisse  dans le froc en decouvrant  leurs tours
Et je me défonce au gaz échappé d'un diesel
À la manufacture métaphysique d'effluves

Je  vais dégainer mon walter ppk de service

De généreuses félines  aux aboiements lubriques
Offrent leur cellulite et  leurs nichons blafards

En robe synthétiques fendues jusqu'aux néons de leur croupe ovipare

Mouvement chorégraphique d'un trip au bord du vide
Devant les caméras saturnales et fétides gueules de pine halloween
Jocrisses et palotins, sulfateuses endocrines
De la pensée commune aux troubles nauséeux

Carnaval souterrain, lampions dans les latrines

Je vois des cavaliers qui te leurs sucrent des tours
Sur l'échiquier barbare au style mahométan

Et puis les  reines en gardent  et  leurs  pions qui débourrent
En cramant la mosquée où  ils fument  en afghan

Projection primitive d'un logiciel sans fin
Vous attendez  la fleur féline aux yeux mouillés de chrome
Sous le plumage poisseux des regards clandestins
Rivés sur le cockpit de vos  vaisseaux  fantômes

Cette vidéo mentale projette sur mes capteurs
L'image populaire, hystérique et banale
D'un égoût surpeuplé de monstres tapageurs
En quête d'une orgie sur l'écran terminal

Sulfateuses endocrines



© Elisabeth Vaury