mercredi 29 février 2012

VICTOR SEGALEN





                                                              Click the image to enlarge


Victor Segalen partie 1 par endymion-120


Victor Segalen partie 2 par endymion-120


Victor Segalen partie 3 par endymion-120


Hidden Name
BY VICTOR SEGALEN

The true Name is not the one that gilds porticos,
             illustrates acts; nor that the people chew in
             spite;

The true Name is not to be read even in the Pal-
             ace, nor in the gardens, nor in the grottoes,
             but remains hidden by the waters under the
             vault of the aqueduct where I drink deep
             draughts.

Only in a great drought, when winter crackles
             without flowing, when springs, at their
             lowest, shell themselves up with ice,

When emptiness is at the heart of the under-
             ground & in the underground of the
             heart—where even the blood no longer
             flows—under the vault then accessible, is it
             possible to gather up the Name.

But may the hard waters melt, may life overflow
             its banks, may the devastating torrent come
             rather than Knowledge !

Un tigre photographié par Victor Segalen
 le Tigre de la Sépulture de Gao Li (Paris, Musée Guimet)

George-Daniel de Monfreid - Portrait de Victor Segalen, 1909.

dimanche 26 février 2012

WINTER SNAKE...Après le dégel, la couleuvre...



Moins d'une semaine après le dégel complet
du lac de Bidot près de Fonsorbes,
une couleuvre se réchauffe sur sa rive...












video

jeudi 23 février 2012

lundi 20 février 2012

ROGER GILBERT-LECOMTE « Les dieux manchots »


                            I                                 

Ce soir qui choit sans sursaut comme un lourd foulard de soie
Sur toute face à masquer : c'est le soir que l'on prévoit
Suivi de la nuit sans fin sous qui toute lueur ploie.

Glas ! Voici, l'heure est venue. Allons, mes frères, debout.
Mes frères entendez-moi, vous qui sommeillez, corps mou
En tapinois bondissez, espadrilles de veloux*.

Muscles-onagres tendus. Que la nuit s'étende là,
Sur la rougeoyante glèbe où plus d'un s'endormira,
L'éclair, cru, photographié, dans ses yeux, des coutelas.

Nuit partout. La rumeur sourd, qui va tonner. En avant !
C'est la prière du soir aux grands épouvantements.
Frénétiques il nous faut des lambeaux de chair aux dents.

Nuit partout. Alors tuons, tuons sans distinguer si
C'est un cher de notre chair, ou si c'est notre ennemi.
Faisons gicler sous nos poings le sang de n'importe qui.

La nuit, c'est un drapeau noir. Il faut inonder ses toiles
De flaques de sang humain. Ces écarlates étoiles
Brilleront d'un feu de torche en la gorge d'un qui râle.

Je suis mage, écoutez-moi. Je créerai l'illusion
De vastitudes du noir dont aucun n'eut vision
Mais d'abord, sans prendre souffle, à profonds ahans, tuons !

Dans la nuit, ombre du trône en charbon creux du fatal
Laissez régner sur vous tous un instinct impérial
La soif qu'étanche le meurtre, et ce miracle des râles :

Révolte perpétuelle et sacrifice au nihil.
Trucider par acte pur : seule la raison est vile
Le rêveur inconscient selon sa loi nous agit.

Pataugeant sur les étals des vieux cadavres éclos
En helminthes et en pus, gorgeons-nous de ce sang chaud
Qui fuse des moribonds dont nous détraquons les os.

Et surtout pas de pitié. N'implorez pas le remords,
Est-ce notre faute, ô poux, si nous sommes les plus forts.
A mort les inoffensifs ! À mort tous les herbivores !

Nous sommes les fauves noirs des savanes de folie.
Par les ongles, par les crocs il faut que la terre oublie
Ses hôtes ratiocinants, aux rythme de nos vertiges.

A jamais, au long des temps de l'avenir, il est nuit.
Le Temps : éteignoir du feu des terrestres incendies,
Sur la planète points d'or, in memoriam des villes...


II

Là, soudain. Après quel temps ? - oh, la démence a menti!-
Au flanc poli de la nuit, cette frange de sanie
Hyaline finement : voici pourrir l'aube honnie.

A l'incendie embrassant, en signal de mort, la terre
La damnation de tout répond : aiguille-mystère
Au chaos originel inoculant la lumière.

Cou roidi, tête aux cieux, hurle atavique lycanthrope !
Thorax du noir écrasé sous le pilon des galops
Qu'assène l'astre vengeur, blasphémateur du chaos

Coup de pioche, ô désespoir, au creux mat de l'estomac.
L'holocauste massacreur au souvenir prénatal
Fut vain. Avec le soleil lentement renaît le mal.

L'horreur du chancre-raison jadis extirpé du crâne,
Lucidité consciente à cloîtrer de nouveau l'âme
Si, mage à crucifier, je n'étais la voix qui clame :

Le rêve a menti, pardon ! Mais, hommes, il ne faut pas
Trahir sa beauté. Trop tard pour repiétiner nos pas
S'accroupir comme autrefois ? Oh non, tous aux promontoires !

Près de l'océan hurleur qui s'informe sous le vent,
Jonchons les grèves, coupons nos mains, nos palmes sanglantes,
Le labeur les pollua, jadis. Lis agonisants.

Dieux manchots.- Raz de marée, engloutis dessous tes houles
Nos yeux hagards, fascinés aux passe des tentacules,
Sous les regards mou-dardés de myriades de poulpes !



De nuit au poêle ensanglanté
Pleurez ô plombagines gémis ton cœur
Griffe ô griffez nénies j'aime peur
De soif et telle à la fuite des heures
Cassez cadran ligne d'acier pâle
Horizontale fuie à l'appel jamais
entendu encore aux soies de pluie
J'aime j'aimerais le temps
et griffes d'or hissez
Sans but ou base sainteté ruse
Cris cassés au cadran dont le
choc en retour d'enfant
prodigue viendra luire à
l'indication des fées casques de
feu des mages pétrel ô variée
pluie de cristal pavillons
pavillons phalènes voix
étouffés des plumes ô Martinique
impartiale pour sans
avoir à le dire adieu


Coq à crever ta gorge
N'épouvanteras point
Blé, lin, de l'huile à l'orge
Le nain bleu de sainfoin


Si ton cri s'interpelle
Accroché par le bec
Aux fers de caravelles
                   préfère ton rebec

Moralité

De soie ou de voix végétale
Quelque chemin qu'il soit honni
Varie un peu rouge métal
Celui qui le miracle nie


*( La graphie – comme dans la version du petit carnet –
ne fait pas de doute : veloux )



                                    

vendredi 10 février 2012

JULES PASCIN



Jules Pascin (Bulgarian-born French & American painter, 1885-1930)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Julius_Mordecai_Pincas
Jules Pascin from Miguel Angel on Vimeo.

Jules Pascin at work in his last atelier (3 villa des Camélias), Paris, Spring 1930 










 Lucy Vidil y su mascota tortuga.

    Esposa del artista plástico Per Krohg, amante del también pintor Pascin, “La bella Lucy”  fue una de las mayores musas de Montparnasse, siendo retratada por casi todos los artistas de su época, Modigliani, Foujita, Picasso y muchos otros, se pelearon por contratar sus servicios. Se cuenta que en 1923, en el Salón de Arte oficial, sólo 4 cuadros no eran basados en ella.

    Vivió un momento trágico, ya que Pascin, al no poder dejarla, se suicidó ahorcándose a la portuguesa, es decir, atando una cuerda al pomo de la puerta, y halando hasta morir. Luego abrió una galería y vivió en relativa paz, hasta que murió. Curiosamente, manejó las obras de su marido (se divorciarían poco después)y su amante en su galería sin problemas.

    Junto con Kiki de Montparnasse, Lucy Vidil personificó el aire de una París romántica, moderna, que ya declinaba: la gran fiesta de Montparnasse estaba por terminar, nunca más se bailó, se folló, se fumó, se creó y se disfrutó la vida como en la década de 1920.









Pascin fin du printemps 1830













Pascin à la maison Lespinasse avec, Rolla, Julie et Lucy

Pierre Marseille, Pascin et les modèles

mercredi 8 février 2012

RENÉ DAUMAL – ROGER GILBERT-LECOMTE Chronique de la vie sexuelle (fragment)




 Qu'il soit bien entendu que nous n'entendons pas attacher à cette chronique
aucune valeur de documentation plus ou moins scientifique. S 'il faut parler de valeur, qu'il s'agisse ici d'une valeur de scandale.


    III.- P. aimait pour son plaisir physique de vastes mises en scène.
Au milieu d'une chambre il se faisait enchaîner à plat ventre sur un divan.


Autour, devaient défiler des hommes en uniformes divers, de facteurs, de pompiers, d'agents de police.
A tour de rôle, en passant devant lui, ils le giflaient deux fois.
Puis entraient au galop de jeunes garçons costumés en grooms et lorsque eux aussi le giflaient la séance était terminée.


VI.- A Paris-Plage, en 1927. O. offrait à une femme de rencontre une très belle paire de chaussures neuves.
Elle devait les mettre à ses pieds pour la première fois sur la plage, à marée montante.
O. interdit à la femme de se reculer quand la mer approche – Elle est debout, immobile, sur le sable – Quand la première vague mouille et abîme les chaussures encore intactes et n'ayant jamais servi, O. s'agite et enfonce ses ongles dans la paume de ses mains.

( Le Grand Jeu n°2, printemps 1929)