mercredi 2 juin 2010

Deux poèmes de Guy Cabanel


                               Le passage fou


   Vainement citadine, murée dans la chaleur d’un épi violet sur la peau qui l’aspire, l’expire,
hardie en atours gris, végétale et lacée, elle ondule, crime souriant.
   Longue maille gravée dans le dos soulevé par flaques, oh, trop longue minute, ici flânent les
opacités que jamais ne rincent un arbre, ou les ailes du nez.
   La lame trouble la chair, casse le regard ; dans l’étang le sanglier ne sommeille pas, on ne
lie pas le sang avec le miel.
   Le cadavre empierré, posé dans la nuit du hêtre jaseur écorché, titubant, l’escalade est un
son, l’araignée règne dedans.
   Au pied du soleil emmanché de plumes, le nautonier exulte en rires touareg et chavire, l’espace
fonce debout, glapit dans une sauge.
   Au passage, le salut dont on se frustre, sans souci ni merci, la mer dans l’anémone brûle
tortueuse, plage livrée aux cimes.
   Aux mains de la lune comanche, l’automne, la lutte, sous l’œil carré charriant la paix lourde
ou l’épée sage au bout des glaces, au fond des pics.



                                            A la dame noire


Quand on pousse du doigt, suffocants vaisseaux contre le pied, pomme, peau.
Canard ou traquenard à la béquée dans un crachat, lilas facile dans un sac, plus rouge qu’un
   château de chat.
Léché au fond de l’huître où frise, majesté, l’arête, la tanière, raclé !

Tendu sur la grève où le frisson des mers casse les bons chiens, détourne de l’âge des tendresses
   le sperme vermillon,
chevauchant les hautes futaies qui, drapées de sexes, témoignent de la violence de l’horreur
   de ce vent d’agonie où s’égare l’éruption des rocs,
sinueux quand l’eau tombe, vertical si la course d’une autruche le perce, il sait aussi dormir
en mandoline, jurer.

Quand on s’écrase contre un sourd, hoquetant le muguet, piraterie.
Futile, corne à huile, glycine.
Les vers penseurs louches comme des lèvres, ficelle de chacal.
Cette chambre à Kitchour joue de la sournoiserie d’un sein, à peine murée.

Le noyau brûle au front, perle du Pé-Tchi-Li, la frondaison sous le gazon, volons gazelles.
Par les îles de fumée, les bottes nues, molles sur le lit jonché de guêpes, entrouvertes pour
   sourire, acérées mais lacérées sous le bâillon, c’est le jupon qu’on jette sous la porte, les
       langues étouffées en ta noirceur, noire Kitchour, diamants rêveurs.

A la giclée, la goguenarde, oriental dans une clef, le peigne et la prison,
Je le saigne et je le tonds.
Fer des quatre feux, aimanté férocement, hors de maison, ivre, ivre.



                                                  Guy Cabanel


(Extrait de « L’archibras 2 »
le surréalisme en octobre 1967.
Directeur : Jean Schuster.
Edition : Le Terrain Vague)




1 commentaire:

  1. ivre de sang mis a feu
    la ciguë est prête elle Œuvre
    pour les biens fondements
    griffés d'or et de diamant
    Au coin de nul part vont les deux Amants
    Sonnez la fête cher Ange !
    avant que je me métamorphose en de souterraines frequences
    j'orgasme en sachet
    au bout de vôtre quai
    ombragé par l'arbre a sève
    a ma grotte pourvue de miel

    je maquille mes nuits
    d'un vieux rêve-agonie

    ce theatre organique
    apaise ma faune onirique
    qui puis je ?
    ___________________________
    Enfin bref bonne nuit Zaz
    ha non c'est Michel hahahahaha

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