jeudi 29 octobre 2009

JEAN-PIERRE DUPREY - Deux poèmes -

A LA BONNE BOUCHE

Ma poitrine était bleue, je perdais du ciel.
Non, je ne me fierai pas à la largesse des choses. J'irai
autour. Je descendrai plus bas, élargissant mes habitants,
mes empreintes fermant mes crevasses, mes animaux durcis
dans le temps...
Le vent était tout de feuilles mortes et les fantômes
toute la chambre.
Le vent s'enrichissait d'amers, la lune argentait un coeur
du ciel.
Et l'effroi se chargea du reste... Les fantômes donnaient
des exemples de caresses, mais nos mains ne s'y touchaient
jamais.

Cela me courait sur la peau, hurlant un air qui m'était
respiré. A l'autre bout, il y avait un dieu. Je lui criait :
"J'abandonne, mangez-moi la langue ! "
Et les fantômes mangeaient.



UN SAFRAN DE MARS

Le maître de l'Amour se maintient au carreau de lune,
Ses yeux, tirés du blanc, découvrent l'ombre de Ce-qui
n'est-pas.
"Donnez-nous, disait-on, ce qui manque à l'étincelle
pour faire du bois, ce qui manque à la rivière pour mouler
une forêt de feu ! "
La machine de l'Amour battait la campagne, hâtait
les saisons. L'échelle de son ombre dépassait l'horizon.
Il y est un soleil et quelques allumettes perdues dans la
boîte du vide...
Une étoile avec la chair de l'oeuf.
Un grand rideau d'objets. Rien devant et tout APRES.
(Extrait des "Oeuvres complètes" Editions Christian Bourgois)

Francesca-Yvonne Caroutch

Nous vous cherchons

Nous vous cherchons dans des maisons perdues dans les frissons du feu dans les fièvres de l'eau nuits futures villes rêvées terres inventées un soir de simulacre Mais que tramez-vous oiseaux qui prenez les rues dans les mailles de vos filets bateaux fantômes qui passez dans la brume du port somnanbules d'une aube à l'autre déchirée aux portiques de l'aventure. D'un corps à ton corps que de continents orgueilleux que de lentes conquêtes de monstres à la dérive O feu central et vous douce mort qui aspirez - prisonnière éblouie d'un soleil de minuit - à l'éternité reconquise dans le long baiser du vampire. 

 (La Voie du coeur de verre, 1972) 

Soumis à des rites obscurs 
Soumis à des rites obscurs dont la clef s'est perdue,
nous évouluons entre de perpétuels jeux de miroirs qui
renvoient nos gestes vieux de milliers d'années. Dans l'air
saturé de chaleur où s'épuise le crépuscule, les objets
bourdonnent gravement et les sons se pavanent. Des nuages
nous observent dans leurs robes géométriques. L'esprit haras-
sé fait le point dans les marais mouvants où se rassemblent
les gestes inutiles. Malgré les feux odorants qui veillent sur
les rues, l'eau prépare ses noces de plombs avec la nuit.

                            
(La Voie du coeur de verre, 1972)




http://fcaroutch.free.fr/ 


mardi 27 octobre 2009

Caude Chatron-Colliet/Zaz Zetoun Mind "The Lovers"

Je suis un enfant qui regarde les étoiles,
Mais nul autre astre que toi,
Brille dans l’ombre de mon cœur solitaire,
J’aspirai le souffle,
Et je fermais les yeux pour sentir le parfum de la mousse,
Dans mon ciel je ne voyais que toi,
Comprise entre la lune et le soleil,
Je deviens immortel,
Dans la source
Le miroir du ciel,
Ma voie lactée aux seins remplis de miel,
Tu métamorphoses
Ma terre en ciel,
Dans la puissance de l’éternel,
Je tiens ton esprit le globe de mon astre,
Vivante je t’habite
Ton corps est ma demeure,
Ève, enfant de la lumière,
La nuit quand je te désire,
Je fais partie du monde je m’élève dans le ciel.
Homme qui est enfant de la terre,
Tu regardes le ciel et toutes les étoiles sont pareilles,
Et si tes yeux verts se posent sur mon souffle de mousse,
D’astres, toute entière, je me constelle,
Ton amour me fait briller plus que tous les soleils,
Ma robe blanche forme une grande voile,
Qui fait de moi la plus belle des étoiles,
Je te reçois au sanctuaire,
De ma lumière,
J’habille de mes lèvres
La source des cascades que tu poursuis dans tes rêves,
Le fleuve de tes pensées,
Nous rassemble à l’union,
Enfant qui regardait les étoiles,
Dans mon voile,
La création,
Nous sommes si différents,
Je t’enrichirai de moi
Quand tu me donneras toi,
Offrande d’un don réciproque et généreux,
Je t’offrirai la connaissance à Être plus,
Que d’être deux.
Amoureux.
Juste un trésor
De pierre, de mousse, de cascades, d’étoiles
Un seul soleil
Nour El-Yaqine ©
claude chatron-colliet

THE LOVERS
I am a child who looks at the stars
But no other object than you,
Shines in the shadow of my heart alone,
J'aspirai breath,
And I close my eyes to feel the smell of moss,
In my sky I could see that you,
Between the moon and sun,
I become immortal
In the source
The mirror of the sky,
My Milky Way breasts filled with honey,
You metamorphoses
My land in heaven
In the power of the eternal
I want your mind to the world my star,
I t'habite alive
Your body is my house,
Eve, child of light,
At night when I want you,
I am one of the world I protest in the sky.
Man who is a child of the earth,
You look at the sky and the stars are all equal,
And if your green eyes arise on my breath foam
On stars, whole, I constellation,
Your love makes me shine more than all the suns,
My white dress is great sailing,
That makes me the most beautiful star
I'll get to the shrine,
From my light,
J'habille my lips
The source of waterfalls that you continue in your dreams,
The river of your thoughts,
We gather at the union,
Children who watched the stars
In my veil,
The establishment
We are so different
I t'enrichirai me
When you give me you,
Offering a reciprocal gift and generous
I give you the knowledge to do more,
To be both.
Lovers.
Just a treasure
Stone, moss, waterfalls, stars
One sun
Nour El-Yaqin ©
claude chatron-colliet

Kogis : le message des derniers hommes

Les Kogis vivent au nord de la Colombie. Au nombre de 12 000, ils sont les derniers héritiers de l'une des plus brillantes civilisations du continent sud américain, les Tayronas. A la fin du XVIIème siècle, après avoir résisté face aux conquistadors, ils ont choisi de se retirer du monde. Leur mission ? maintenir l'équilibre de la planète dont ils se considèrent les gardiens. Aujourd'hui cet équilibre ils ne peuvent plus le maintenir, car ils sont repoussés vers les hautes terres de la Sierra Nevada. Sauvé d'un oedème pulmonaire par les Kogis, Eric Julien, un géographe français, a décidé de les aider à retrouver leurs terres, seul moyen pour eux de maintenir l'équilibre du monde.


« En perdant notre territoire, nous perdons notre mémoire... » Tel est le cri d'alarme des Indiens Kogis, les derniers représentants d'une société précolombienne qui souhaiteraient continuer de vivre en harmonie avec les autres, avec eux-mêmes, avec la nature. Ce film n'est pas un film sur les Indiens Kogis de Colombie, leurs pensées, leur mode de vie, mais sur la relation frontière qui sépare deux mondes : celui d'une tradition millénaire basée sur une relation intime au vivant et celui de notre modernité toujours plus rapide, plus individualiste. Un film où l'on découvre que dans la société kogi, la solidarité est une réalité vécue, partagée et dont la finalité est de maintenir l'équilibre. Equilibre de soi avec soi, soi avec les autres, soi avec le monde. Une société qui lutte pied à pied pour ne pas perdre leur mémoire " car la mémoire" disent-ils "c'est comme les yeux qui ont été faits pour voir, si elle se perd tout devient obscur..." Tourné à la demande des Kogis sur une période de plus de 15 mois, ce documentaire a pour objectif de porter leur parole et de montrer comment ils font face aux grands paradoxes de notre temps. Des images rares, tournées avec pudeur. De la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie au musée du Louvre à Paris où trois d'entre eux découvrent un vestige précieux de leurs ancêtres, les Tayronas, ce documentaire nous invite à un itinéraire étonnant, où la tradition de cette communauté questionne notre modernité. Un film réalisé par Eric Julien.

http://www.tchendukua.com/

 




lundi 26 octobre 2009

COLETTE THOMAS



« Colette Thomas, la première femme
de Henri Thomas. Comédienne, elle
répétait, comme on le verra, avec
Antonin Artaud. Elle a laissé sous
le pseudonyme de René, un livre,
Le Testament de la fille morte,
paru aux éditions Gallimard en 1954.
Ce livre se compose de cinq parties :
« Le débat du cœur », « Fragments et
inversions », « Du véridique Théâtre, »,
« Crimes et contes », « Derniers efforts
avant que je meure » ; il laisse loin
derrière lui la plupart des œuvres
auxquelles on a fait un succès depuis
vingt ans. »

    Bernard NOEL
(En compagnie d’Artaud,
journal de Jacques Prevel,
Flammarion 1974.)

-->
                                                  Le Testament de la Fille Morte

-->
(…)
  Hier matin j’éprouvais une impression assez forte de
puissance et de beauté.

  J’étais allongée sur une avancée de terrain rocheux, à
peu près nue, pour que le soleil me traverse un peu. Il n’était
pas loin de midi. Je m’amusais à enfoncer mes ongles dans
les tiges triangulaires et charnues de plantes qui traînent
sur le sol comme du lierre et qu’on appelle pattes de
sorcières – ici.

  Je regardais le ciel vif et blanc – et je tournais la tête
vers la gauche – là-bas le ciel étais gris – presque noir –
les collines bleues et la mer presque noire aussi. Je pensais
que l’orage allait venir. Puis je voyais mon corps blanc – la
terre jaune et le ciel toujours blanc et rayonnant au-dessus
de ma tête – et je considérais cet orage menaçant comme
un évènement d’un autre monde.

  J’entendis alors le roulement du tonnerre. Il se répercutait
sur les collines que je voyais à distance et qui se perdaient
en arrière de mon dos – et venait s’éteindre dans le ciel du
nuage qui touchait presque le soleil au-dessus de ma tête,
comme une vague qui s’en retourne.

  Presque aussitôt, je vis une merveilleuse lumière – la
lumière même brandie par je ne sais quelle main – zébrer
le côté gauche du ciel noir.

  Elle était jaune et précise comme une fabrication mécanique
et préméditée de quelque homme.

  Je pensais alors : « Je suis du côté des dieux ». Je considérais
l’orage comme une grande pièce de machinerie que j’aurais
pu manœuvrer moi-même. Cette impression m’était donnée
par le fait que mon corps même ne subissait pas l’orage mais
au contraire baignait dans la lumière et que j’avais emporté
avec moi ce pique-feu qu’Antonin Artaud m’a donné et qui
est comme un éclair solidifié – et que je peux tenir dans ma
seule main.

  Mais je ne voulais pas user inutilement de mon pouvoir
et rentrai chez moi afin de ne pas être mouillée.

                                       La Nartelle, 23 août 1947.



  Et ce matin l’impression de mort.

  Un brusque anéantissement dans la mer – j’ai sombré –
sans le vouloir. Je suis revenue à moi et aussitôt regagné
le rivage avec la sensation que toute la nature n’était qu’une
immense pieuvre – prête à m’engloutir.

  (…)

                                  Non.

  Je me suis réveillée en même temps que ce rêve : je suis
couchée endormie – mes cheveux sont beaux et admirablement
peignés. J’ouvre les yeux je remarque un peigne posé à côté de
ma tête – il est très sale – et presque en même temps sur les draps
je vois une tache de sang ramifiée comme une algue séchée dans
un album – le peigne et le tache me fascinent. Pourtant un homme
galant et amoureux me baise la main – ma chevelure scintille -.
trop tard la réalité m’avait prise – je me lève dans le monde où
les peignes sont sales et les draps tachés.

  Mais NON ! Voici que je m’éveille réellement – que je me lève
REELLEMENT et que je marche !

                                                 
                                                                                       RENE,
                                                            Le testament de la fille morte
                                                                           Ed. Gallimard

http://pagesperso-orange.fr/lescabannes-81-mairie/Gibert.htm
http://www.guydarol.fr/archive/2006/11/09/colette-thomas.html

ANTONIN ARTAUD

Un siècle d'écrivains - (France3 2000)




Antonin Artaud - Portrait de Colette Thomas
Denise Colomb,  Portrait de Colette Thomas, Octobre 1947

Denise Colomb,  Portrait de Colette Thomas, Octobre 1947



vendredi 23 octobre 2009

HUGO ZEMP + VANATU WATER MUSIC

Directeur de Recherche au CNRS
Membre de l'UMR 8574 du CNRS
Chargé de cours à l'Université Paris X-Nanterre
Directeur des éditions de Disques "Collection CNRS/Musée de l'Homme"
http://www.ethnomus.org/membres/hugo.htm




This is the water music of Gaua, Banks Islands, Vanuatu.



mercredi 21 octobre 2009

JOYCE MANSOUR

Joyce Mansour photographiée par Gilles Ehrmann  

Jeudi Froid 

Arbre bleu 
Perce-neige aux impossibilités d'écrire
L'inaccessible virgule qui précède le mot
Nuit 

Riche sous ma chevelure
Je prie gravement
Je rêve
Une large bande d'ombre
Coupe
Ton visage de sa mauvaise certitude
La tristesse tombe au ralenti
Odeur de mégot
Ovaire inactif
Tango
Ma dépouille pose nue
Sans surcharge de chaînes
Ni vain désespoir 

Il ne peut y avoir de cloison entre la neige et la pluie
 

(Extrait de Joyce Mansour, prose et poésie, éditions Actes Sud 1991)



ANDRE BRETON 4
envoyé par MELMOTH.

Poèmes de Joyce Mansour dits pas Frédérique Bruyas. Collection de DVD poétiques dédiés aux écritures singulières. Musique et images de Wall°ich. Label Vouïr. 







dimanche 18 octobre 2009

Jean-Pierre Duprey "L'ombre Sagittaire" (Extrait)

jpd2
... Â part cela - et autre chose encore - sur la terre-tête (le cerveau H-ame la remplira), à part cela, la nuit est nue jusqu'à l'absence de lumière, mais elle te sera un excellent vêtement (de nuit). ... L'absence de lune sera, dans tes yeux, la preuve par deux, ou par d'eau, de ta vue sans quartier. Le miroir déplié déplie deux bras, qui sont deux anneaux brisés d'un choc, tendant en forme de cercle inachevé des griffes comme des morsures du verre. Le reste du corps est un rai de lune, soudain gelé, couleur du ventre de cette croix qu'on appelle corps barré... et sur ce crucifix on a cloué deux seins ou demi-coeurs : derniers visages aux yeux rentrés... la pointe des seins étant un boucle tendue, sans coupures des lèvres, à l'Absolu nu.
(Extrait de "L'ombre Sagittaire" dans les "Oeuvres complètes de Jean-Pierre Duprey, Christian Bourgois Editeur, 1990)
Jpd1

samedi 17 octobre 2009

PIERRE CHABERT

"Double"

Pourtant je n’oublie pas ma pitié d’enfant pour la bête
double, silencieusement double, et comme consternée de
cette infirmité. Mouche double « comme un tampon mal
appliqué » timbrant je ne sais quelle triste missive, à desti-
nation de quelque triste sire. Hanneton double et incapable
de voler, de se dérouiller, de compter ses écus, comme nous
disions. . Tiraillé par ses deux paires d’élytres contradictoires,
inerte de part un théorème irréfutable. Double papillon marty-
risé, trébuchant en feuille morte. Yeux superposés qui ne
voient pas la même face des choses, condamnés pourtant
à regarder par la même fenêtre. Axe des doubles, des malheu-
reux doubles uniques et boiteux, axe sans rêve dans l’ignoble
chimie, dans la répétition sans fin.
Blood, capitaine des seuls, une bonne fois dégaine, et transperce
D’un geste cette racaille qui s’en va par deux. Réfutation, réfutation, il en est temps encore.
                                               (Les sales bêtes, poésie-Club, Guy
                 Chambelland-Libraire St.Germain-des-Prés éd. 1968)

"Le scarabée doré"

- L’esprit ? Connais pas. Vous connaissez l’esprit
vous ?
     - L’esprit ? Je le tiens embrassé, ou peu s’en faut.
Je suis sacré. Tout le monde le dit et c’est vrai.
Scarabée scatologique, ontologique béatifique.
Je regarde droit en moi, dans l’axe. L’axe qui rime avec
Sexe. Mon cerveau transparent laisse voir Dieu.
Les nervures de mon cerveau.
Je suis si ténu que je ne suis plus à moi. Je suis habité.
J’exprime autre chose. La chose capitale.
Je n’agis pas, c’est plus commode.
L’œuvre est dans mes bras, il me suffit de la rouler. C’est
une planète surprenante et docile, dont je suis le médiateur.
Tout m’autorise, évidemment.
Des taches d’hébétude rongent l’écu céleste. A mi-
chemin je vis d’ambiguïté. Vomissure en incendie, qui
pourrait comprendre ? Mais qui comprendrait serait « anor-
mal et équivoque » (sic). J’ai dit. A l’ami, je demande tout,
même l’amour. Au ciel la pourriture. Je ne ris jamais. Je
retombe. J’ai l’air de la mort. Ce n’est qu’un air. Sacré nom
de Dieu. Ce n’est pas moi qui parle. Je suinte par tous les
bouts. Je suppure d’aise. Cherchez l’homme.


 (Les sales bêtes)

TROIS GRIBOUILLIS DE PLUS

Never now - Loss - El rey


jeudi 15 octobre 2009

LAURE "LE SACRÉ" (extrait)

... Je n'habitais plus la vie mais la mort.
Aussi loin que je me souvienne
les cadavres se dressaient tout droit devant moi :
" Tu as beau te détourner, te cacher, renier...
Tu es bien de la famille et tu seras des nôtres ce soir."
Ils discouraient, tendres et sardoniques,
ou bien,
à l'image de ce Christ, l'éternel humilié, l'insane bourreau,
ils me tendaient les bras.
De l'Occident à l'Orient
de pays en pays
de ville en ville
je marchais entre les tombes.
Bientôt le sol me manqua.
Qu'il fût herbu ou pavé,
je flottais,
suspendue entre ciel et terre,
entre plafond et plancher.
Mes yeux, douloureux et renversés,
présentaient au monde leurs lobes fibreux,
mes mains, crochets de mutilés,
transportaient un héritage insensé.
Je chevauchais les nuages
avec des airs de folle échevelée
ou de mendiante d'amitié.
Me sentant quelque peu monstre,
je ne reconnaissais plus les humains
que pourtant j'aimais bien.
On me vit atterrir
au ciel de Diorama
où glacée jusqu'aux os
je me pétrifiai lentement
jusqu'à devenir
un parfait accessoire de décor.



(Extrait de "Ecrits de Laure"
ed. J.J.Pauvert 1985)





lundi 12 octobre 2009

UNICA ZÜRN




UNICA ZURN par MELMOTH.

2eisyrre


UNICA ZÜRN "MISTAKE & autres écrits français"  

1148984022


http://www.ypsilonediteur.com   1953. Unica Zürn rencontre Hans Bellmer à Berlin et le suit à Paris. Vite reconnue dans le milieu artistique parisien, elle écrit et dessine encouragée par Henri Michaux, André Pieyre de Mandiargues, Max Ernst. Unica Zürn n'écrira que rarement en français mais publiera ses principaux livres, Sombre printemps et L'Homme-Jasmin, d'abord en France, en traduction, puis en Allemagne. Ses écrits français, dispersés entre plusieurs feuillets dactylographiés et divers carnets, sont recueillis ici pour la première fois. hansandunica
Hans Bellmer and Unica Zürn
Hans Bellmer and Unica Zürn
Unica Zürn, Untitled, 1965, Ink & white gouache on paper,
Karin Székessy - Hans Bellmer dans son Atelier avec Unica Zürn
Unica Zürn
Unica Zürn
Unica Zürn - Black Magic
Unica Zürn - Heart Eyes
Unica Zûrn
U. Zürn - Portrait de H. Bellmer


Unica Zürn - Mélancholie 
Œuvre de Unica Zürn, dédicacée à Friedrich Schroeder-Sonnenstern.
Dessin au recto et peinture au verso,sur papier fort type Arches, découpé par l’artiste sur la marge droite.
Avec texte de l’artiste :
« Vive la dépression nerveuse !!!Es lebe die melancholie. »
Mehrere
Personen
« be-riechen » -
Und keiner
Darunter,
Der den
Anderen
“nicht
Riechen
Kann”
Daté et signé 11 septembre 1964.
Unica Zürn - Tempera on board 1957

JOË BOUSQUET "entretien"